Jacek Powalka, 36 ans, a lancé cette campagne pour encourager les Polonais à prendre leurs affaires en main.
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« Qui a eu la gentillesse de m’avoir envoyé un plant ? Je ne sais pas qui remercier », a-t-il demandé sur Twitter, le réseau social et de microblogging. Personne ne s’est manifesté, mais grâce aux informations sur le colis, il a appris que l’arbuste lui avait été envoyé dans le cadre d’une large campagne via Internet de plantation de 61000 arbres du 7 au 14 mai à travers le pays.
L’initiative, baptisée PioSeki, consiste à offrir à tout destinataire deux plants, un pour lui-même et un second à transmettre à un ami, de différentes espèces d’arbres : érable, épicéa, chêne ou hêtre. « Notez comme c’est facile d’inciter les gens à s’exprimer sur Facebook. Mais pour les inciter à agir concrètement, c’est bien plus difficile », déclare Jacek Powalka, 36 ans, organisateur de cette action, une première en Pologne. Directeur du marketing dans une société à Varsovie, il a lancé cette campagne pour encourager les Polonais à prendre leurs affaires en main, sans attendre les initiatives des autorités. L’un des buts est d’utiliser des espaces minuscules, souvent jugés trop petits par les pouvoirs locaux. « Il y a des parcelles de 10 ou de 15 mètres carrés, à l’angle d’un trottoir, où pousse de l’herbe. Cela peut être un endroit idéal pour y planter un arbre », explique-t-il.
Jacek Powalka a fait parler de lui pour la première fois en 2007, quand il a transformé un petit terrain vague de son quartier de Kabaty à Varsovie en un joli espace vert. Il y a planté « par une belle matinée de samedi » les premiers arbres, des platanes européens achetés dans une pépinière au lieu des fleurs qu’il avait d’abord eu l’intention d’acquérir pour embellir son balcon. « J’ai décidé que cette année, au lieu de dépenser de l’argent pour mon balcon, je le dépenserai pour ce terrain », a-t-il dit. Des voisins se sont joints à son initiative. Ils ont décidé ensemble comment aménager cet espace vert, pour y organiser ensuite des événements tels que des soirées de cinéma en plein air.
Cette année, la campagne PioSeki a coûté 130 000 euros, déboursés par plusieurs sponsors, dont la société de coursiers où travaille M. Powalka. La radio publique y a contribué avec de la publicité. Des écoles, des hôpitaux ou des mairies, mais aussi des gens ordinaires se sont joints à la campagne en commandant des arbres. Des pépinières et des parcs nationaux ont promis de participer à sa prochaine édition en fournissant des plants. La large diaspora polonaise de Londres a également demandé à participer à l’initiative l’année prochaine.
Pour Jakub Cholewka, un traducteur de 30 ans de Cracovie qui a commandé un hêtre pour lui-même et un érable pour sa femme, la campagne a un potentiel pour inciter les Polonais à acheter et planter des arbres. « Je ne vais certainement pas m’arrêter de planter les arbres », a-t-il déclaré, convaincu que la campagne pouvait sensibiliser davantage les Polonais aux problèmes de
l’environnement.
La Pologne est certes critiquée pour ses émissions de gaz à effet de serre, avec sa production d’électricité à partir du charbon, mais les Polonais sont sensibles aux questions d’environnement sur le terrain, estime le chef de Greenpeace Pologne, Maciej Muskat. « Nous nous concentrons davantage sur l’utilisation de déchets toxiques que sur des questions globales, comme le changement climatique. Mais cela évolue également », dit-il. Selon lui, la campagne de Jacek Powalka a apporté une bouffée d’oxygène aux actions d’écologistes. « Le fait de ne pas se limiter à envoyer des mails ou signer des pétitions, mais d’effectuer une opération concrète de plantation d’arbres, c’est une nouveauté que je soutiens de tout cœur », souligne-t-il.
(Source : AFP)

