Selon les sources de leurs ambassades au Liban, les ministres des Affaires étrangères européens devraient réaffirmer leur attachement à la stabilité du Liban et leur appui au gouvernement de Mikati, ainsi qu’au processus de dialogue national, face à la tension grandissante dans le pays.
Ces visites interviennent au moment où les tirs reprennent par intermittence à Tripoli, en dépit du déploiement des forces de sécurité intérieures et de l’armée. Elles interviennent surtout au moment où des attaques inquiétantes contre les biens des habitants de Jabal Mohsen à Kobbé et dans les quartiers voisins se multiplient, montrant la volonté de procéder à une sorte de nettoyage confessionnel. Ces actes ont d’ailleurs été immédiatement condamnés par l’ancien député Moustapha Allouche (courant du Futur). En même temps, des informations en provenance de la frontière libano-syrienne à Masnaa font état du retour dans leur pays de nombreux travailleurs syriens, fuyant d’éventuelles exactions libanaises.
Loin de la Syrie, mais toujours dans le monde arabe, trois Libanais chiites ont été expulsés des Émirats à cause de leur sympathie présumée pour le Hezbollah. Les Émirats avaient déjà expulsé plusieurs dizaines de Libanais il y a quelques mois (certains y habitaient depuis plusieurs années), avant de suspendre l’opération suite à une demande expresse des autorités libanaises, notamment du président de la Chambre Nabih Berry. Cette fois, c’est le président de la République Michel Sleiman qui se rendra aujourd’hui à Abou Dhabi pour soulever la question avec les responsables émiratis. Il devrait être de retour au Liban jeudi pour présider la réunion du Conseil des ministres, laquelle, une fois n’est pas coutume, pourrait être productive et relancer l’action gouvernementale.
C’est en tout cas ce qu’a annoncé hier le général Michel Aoun qui a évoqué une initiative en direction des responsables menée par les « trois mousquetaires du 8 Mars » : les ministres Gebran Bassil, Ali Hassan Khalil et le conseiller de sayyed Nasrallah, Hussein Khalil. Ceux-ci ont intensifié leurs contacts avec le chef de l’État et le Premier ministre ces derniers jours en vue de trouver une issue au problème des dépenses publiques. L’affaire est devenue d’autant plus urgente que le chef du gouvernement a promis de consacrer le plus rapidement possible 100 millions de dollars à des projets de développement à Tripoli. Le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, a confirmé ce vent d’optimisme, annonçant hier que la réunion du gouvernement demain devrait permettre de mettre un terme à la crise portant sur les dépenses publiques et de relancer l’action de l’exécutif.
Toutefois, nul ne sait encore si ce climat positif régnera aussi sur l’ensemble des protagonistes politiques et permettra la tenue de la conférence du dialogue national que le président de la République a convoquée lundi. Jusqu’à présent, le 14 Mars maintient son refus d’y participer, tout en nuançant sa position, puisque le refus est désormais assorti de cinq conditions dont la formation d’un gouvernement neutre avant les élections législatives de 2013. Le 14 Mars prépare d’ailleurs à ce sujet un document qu’il remettra au chef de l’État avant lundi. Les sources de Baabda se veulent en tout cas optimistes, alors que du côté du 14 Mars on suggère plutôt un report de la réunion, d’autant, affirment les milieux du 14 Mars, que le chef de l’État a lancé son initiative sans faire auparavant des consultations préalables. Et lorsqu’on leur parle de la lettre du roi Abdallah adressée à Sleiman, dans laquelle le souverain saoudien demande au président libanais de relancer le dialogue national, les milieux du 14 Mars se contentent de dire qu’il s’agit « d’un souhait et d’un conseil ». L’initiative du président bénéficie en tout cas du soutien du patriarche maronite Béchara Raï qui a réitéré sa position lundi soir au Premier ministre Nagib Mikati qui lui avait rendu visite. Le sujet, ainsi que l’accord en préparation pour relancer l’action gouvernementale (qui prévoit notamment le règlement de la crise des dépenses publiques, l’exécution de certains projets de développement, ainsi qu’une série de nominations administratives et diplomatiques) ont d’ailleurs été évoqués au cours d’une rencontre tripartite hier soir à Baabda entre Sleiman, Berry et Mikati.
En attendant la concrétisation de ce climat positif, un nouveau développement est apparu hier et risque de provoquer une crise entre le Liban et la Turquie d’une part et sur le terrain d’autre part. En suivant un reportage effectué par la LBC avec des membres de l’Armée libre de Syrie à la frontière turque, des proches des onze pèlerins qui se trouvaient avec eux au moment de leur enlèvement ont identifié deux des ravisseurs. Ceux-ci se trouveraient donc en territoire turc et appartiendraient à l’ALS, démentant ainsi les affirmations officielles turques, selon lesquelles les ravisseurs appartiendraient à un petit groupe non identifié et se trouveraient en territoire syrien. Les proches des pèlerins enlevés ont d’ailleurs manifesté leur colère en fermant pendant un court laps de temps la route de l’aéroport et en annonçant que leur protestation ira crescendo, jusqu’à la fermeture permanente de la route de l’aéroport si l’État ne fait rien pour libérer leurs parents kidnappés. Après avoir été supplanté par les développements à Tripoli, ce dossier risque de revenir en force sur la scène libanaise au cours des prochains jours. D’autant que des responsables de l’ALS se sont empressés de démentir l’appartenance des deux hommes identifiés à leurs rangs...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les grandes puissances, USA en lice, ne veulent pas de changement immédiat de gouvernement au Liban. Je crois que même s'il n'y aurait pas de législatives et que ce simulacre de gouvernement se transformait en TASSRIF A3MAL, ça sierait à tout le monde. Laissez-les, jusqu'à la fin de la crise syrienne, tirer les couleuvres de leurs trous est le mot d'ordre. Cela éviterait la guerre civile au pays.
06 h 23, le 07 juin 2012