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Design

Une seconde vie « design » pour les objets usagés

Créatrice d’objets et d’accessoires divers, Rania Choueiri est une « écocitoyenne », adepte convaincue du recyclage. Tout comme les 17 jeunes artistes et créateurs à qui elle a demandé de réaliser des pièces de « récup design ». Pour une exposition visant à démontrer la beauté de cette deuxième vie des objets.

Faire du neuf avec du vieux, mais aussi du beau, de l’original et des produits finis de qualité avec de la récup. Photo Michel Sayegh

Architectes, artistes, designers ou stylistes... Les jeunes créateurs, réunis par Rania Choueiri autour de son initiative, sont tous concernés par la préservation de l’environnement et la lutte contre la pollution engendrée par la surconsommation. Leur credo: «Pourquoi ajouter à la production de masse quand on peut réutiliser des matières existantes.» 

 

Avec de vieux objets détournés ou des pièces détachées pour les uns, carrément des matières trouvées dans les décharges pour les autres, ce clan des 17 prouve qu’on peut non seulement faire du neuf avec du vieux, mais aussi du beau, de l’original et des produits finis de qualité avec de la récup. Certes, tous les objets présentés dans le cadre de l’exposition collective qui se tient à L’Atelier* ne sont pas d’égale facture. Tous ne sont pas non plus de véritables «créations», dans le sens où certaines ont un air de déjà-vu. Mais l’initiative reste à saluer. Et l’exposition à visiter.


Parmi les pièces les plus intéressantes, il faut signaler les tambours de vieilles machines à laver reconvertis par les «Junk Monkeys» – un duo créatif qui porte bien son nom ou plutôt son label – en tabourets colorés d’une esthétique aussi originale et ludique que soignée. Le nostalgique mobilier (table, bancs, coffre) fabriqué par Nathalie Yared à partir de palettes de bois repeintes aux logos d’entreprises libanaises typiques des années d’avant-guerre (Ghandour, Bonjus...). Les étonnants lampadaires que compose l’habile architecte Maram Atallah avec des compresseurs d’air conditionné, d’anciens chauffe-eau et des corbeilles en plastique détournées en abat-jour...


Les audacieux fauteuils que Hady Beydoun a découpés dans des barils en acier récupérés dans une décharge. Les sympathiques sculptures de personnages longitudinaux en papier mâché d’Arlette Sauveur. La très contemporaine bibliothèque en bois recyclé signée Nicola Santini et Pier Paolo Taddei. L’installation réalisée à partir de CD usagés repeints de motifs divers dans des tonalités bleues par Ginou Choueiri, ou encore la sculpture murale élaborée en fonds de bouteilles plastiques compressées par le collectif BIM Project. Les sacs de plage entièrement réalisés en chutes de tissus par la styliste de Pinkulture. Les tableaux tridimensionnels composés d’images de magazines, de vieux jouets, de tissus, de tubes vides... de l’artiste Marwan Nahlé qui est, lui, un des précurseurs du «recup art» au Liban.


Et puis, il y a l’intérêt écologique certain du travail de transformation des toiles de bâches et de panneaux publicitaires en grands poufs et coussins réalisé par le collectif Waste. Même s’il s’agit là d’une idée importée.


Sans oublier la maîtresse des lieux et initiatrice de ce projet, Rania Choueiri qui a, elle aussi, mis la main à la pâte. Pâte de verre, justement, issue des bouteilles vides qu’elle a retravaillées au feu pour les aplatir et les transformer en raviers, cendriers, petits plateaux de fromages, etc. Mais encore verre des bouteilles qu’elle habille de morceaux de collants, de couleurs et maillages variés, pour en faire des lustres et des lampadaires kitsch.
Jusqu’au 22 juin.

*Mar Mikhaël, rue Madrid. Horaires d’ouverture : tous les jours sauf les dimanches, de 10h à 19h. Tél. : 01-443517.


Architectes, artistes, designers ou stylistes... Les jeunes créateurs, réunis par Rania Choueiri autour de son initiative, sont tous concernés par la préservation de l’environnement et la lutte contre la pollution engendrée par la surconsommation. Leur credo: «Pourquoi ajouter à la production de masse quand on peut réutiliser des matières existantes.» 


 


Avec de...

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