Et maintenant, c’est l’heure de les remercier. Un concours leur sera organisé, annonce fièrement le ministère. Mais seuls quelque 700 d’entre eux seront cadrés au sein de l’office. En soi, c’est un cadeau royal. Mais combien d’ingérences et de baise-mains faudra-t-il pour être choisi ? Dieu seul le sait. Les autres seront congédiés. Ceux qui ne savent pas s’y prendre, les timides, les gauches, les remplaçables, ceux qui sont trop vieux, ou dont le casier judiciaire n’est pas vierge, ou encore ceux qui ne savent pas écrire, les naufragés du système scolaire, ceux que leurs parents ont envoyé au travail dès la troisième, les virtuoses du marteau, du tournevis et de la pioche, les laissés-pour-compte d’un système injuste. Ils finiront désœuvrés ; ils rentreront dans leurs villages ou ils entreront à l’asile ; ils végéteront dans des chambres de concierge, à ruminer leurs rancœurs et leurs souvenirs ; sans oublier ces heures dramatiques ou palpitantes où ils ont servi l’EDL comme on sert son drapeau, en risquant sa vie, en la jouant à la roulette russe, quand les bombardements aveugles remplacent le pistolet à barillet (ne l’avons-nous pas tous fait ?).
Les recalés seront repris par des compagnies privées, promet-on. Leurre ignoble. Inadmissible trahison du lien social. Qui voudra des restes de l’EDL ? Qui défendra leur cause, une fois qu’ils seront séparés de leurs collègues les plus combatifs, à la merci d’un sélectionneur qui aura une éponge en mousse synthétique à la place du cœur ? Et pour combien de temps seront engagés les meilleurs des moins bons ?
Le gouvernement, lui, a bonne conscience. Il a fait donner l’armée et les FSI. L’attroupement a été dispersé, les pneus ont été éteints et Sukleen va remplacer les poubelles calcinées. Et dans quelques jours, toute mauvaise conscience rengorgée, on les oubliera. Tout sera rentré dans l’ordre à l’EDL. Et les contractuels de l’Université libanaise pourront prendre le relais. De leur côté, les enseignants des secteurs privé et public ont déjà brandi leur arme absolue : le refus de corriger les examens officiels. Eux, au moins, savent s’y prendre. Ils n’auront pas à faire fondre l’asphalte, ni à s’immoler par le feu, pour se faire entendre.


Je compatis sincerement avec les contractuels de l'EDL que l'on veut licencier abruptement. Mais ce qui m'inquiete encore plus ce sont les alternatives que le Ministere de l'Energie a decide d'adopter, un peu au "pied leve", semble-t-il. Mr. Bassil, est-il vrai que ce que vous allez payer aux "societe" coutera trois plus au contribuable qu'a present, comme nous le dit Al Akhbar? Si c'est faux prouvez-le nous avec evidences a l'appui. Si par contre les dires de Al Akhbar s'averaient juste, comment expliquez vous ce "coup de tete"? UN PEU PLUS DE TRANSPARENCE pour l'amour de Dieu. Dispensez-nous de ces fameuses conferences mediatisees et faites publier a leur place, dans les principaux journaux, des explications serieuses avec chiffres a l'appui.
05 h 45, le 02 juin 2012