«Le jeu», une des toiles exposées.
Mais aussi quelques nouveautés, dont quatre peintres qui complètent en toute harmonie cette éclatante «Symphonie des couleurs», titre de cette expo groupant plus de 60 toiles et 15 artistes, tous arméniens.
Un tourbillon de couleurs et une ronde étourdissante de formes, entre style figuratif et abstrait, pour cet accrochage montrant toute la vitalité, l’originalité, la fantaisie, le sens de la réflexion et du témoignage, la modernité et aussi les influences de la peinture arménienne contemporaine.
Après la gigantesque exposition à l’Unesco de ces mêmes peintres, parfois avec les mêmes tableaux et la même inspiration, voilà un nouveau retour en force de ces artistes, au travail ciselé et d’une finesse d’orfèvre, parfaitement enserrés dans l’écrin des souks des Siyaghin qui, d’ailleurs, leur sied si bien.
On retrouve le mystère hiératique d’Armen Grigorian, les dessins en noir en troublante toile d’araignée, sur fond de couleurs unies, des lithos de Carzou, les danseuses osseuses et d’un romantisme mélancolique de Jansem, l’humour et la sensualité des nabots de Ruben Abovian, le monde à la Magritte de Grigorian, les horizons confondus de Hamalbashian, la griffe à la Mathieu de Vahan Roumelian, le monde un peu candide et naïf des acryliques de Gabriel Manoukian, le savant désordre des lignes d’Albert Hagopian, les femmes joufflues aux yeux de «houri» de Tigran Matulian, les jardins fruitiers (son mirifique pêcher est un arbre d’Éden !) et les champs fleuris de Marat Margarian...
Mais on découvre aussi quatre jeunes talents. D’abord la mobilité d’une huile fuyante comme du mercure chez Romeo Melikian.
Ensuite, les «espagnolades», en femmes alanguies avec froufrous d’étoffes aux couleurs vives et coiffe à fleurs et peigne, de Shota Voskanian. Toujours emprise des femmes sur Arthur Hovhanessian dont les filles d’Ève mènent une danse fluide, presque flamenco dans sa véhémence endiablée. Et pour conclure, le pinceau d’une femme, Lilith Soghomonian. Là aussi univers de filles d’Ève chuchotant à propos des flèches de Cupidon, sondant un cœur en désir d’amour ou conversant, en toute délicieuse frivolité, fringues et fariboles, pour des matines indolentes. Tout cela en mixed media, avec personnages grassouillets et tendres, aux contours rondelets et aux couleurs parcimonieuses si ce n’est une pointe de rouge (à lèvres?) ou une imperceptible traînée de jaune soleil, d’orange mûre ou de grenade camouflant un vibrant patriotisme.
Inspiration de tous crins pour cet univers plus amusant que strident, plus paisible que tourmenté, plus idyllique que forcené dans ses dérives citadines. La peinture arménienne semble sourire à la vie et les ombres du passé s’éloignent, paisiblement, à petits pas, laissant place, avec un témoignage sur la vie et un espoir pour le futur, aux couleurs vives, aux lignes légères et chantantes.
*Souks des Bijoutiers jusqu’au 6 juin. Horaires d’ouverture de 10h à 22h.
Un tourbillon de couleurs et une ronde étourdissante de formes, entre style figuratif et abstrait, pour cet accrochage montrant toute la vitalité, l’originalité, la fantaisie, le sens de la réflexion et du témoignage, la modernité et aussi les influences de la peinture arménienne contemporaine.
Après la gigantesque exposition à l’Unesco de ces mêmes peintres, parfois avec les mêmes tableaux et la même inspiration, voilà un nouveau retour en force de ces artistes, au travail ciselé et d’une finesse d’orfèvre, parfaitement enserrés dans l’écrin des souks des Siyaghin qui, d’ailleurs, leur sied si...


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