Mitt Romney se trouvait à Las Vegas avec Donald Trump lors de sa victoire au Texas. Christopher DeVargas/Reuters
Il faut 1 144 délégués sur 2 286 pour décrocher l’investiture républicaine, afin d’aller affronter le président Barack Obama à l’élection du 6 novembre, et Mitt Romney a atteint ce « chiffre magique » en s’imposant au Texas, après cinq long mois de campagne acharnée contre ses adversaires républicains. L’ancien gouverneur du Massachusetts a en effet remporté 71 % des suffrages dans le deuxième État le plus peuplé des États-Unis, selon les estimations de la chaîne de télévision Fox News et du site Internet de CNN.
Le vainqueur a remercié ses électeurs sur son compte Twitter. « Merci. Quel que soit le défi qui nous attend, nous ne ferons rien moins que remettre l’Amérique sur le chemin de la prospérité », a-t-il écrit. M. Romney, dont les derniers opposants se sont retirés récemment, lui laissant la voie libre, sera le premier candidat de confession mormone de l’histoire américaine, réussissant là où son père George Romney avait échoué. De son côté, Barack Obama a appelé hier au téléphone Mitt Romney pour le féliciter et a souhaité un « débat sain sur l’avenir des États-Unis » d’ici à la présidentielle, selon son équipe de campagne.
Au cours de la primaire, la base de l’électorat républicain, dominée par les évangélistes et les ultraconservateurs, a longtemps tourné le dos à l’ex-gouverneur du Massachusetts, jugé trop modéré et peu fiable sur les questions « sociales » comme l’avortement ou le mariage homosexuel. Mais grâce aux abandons successifs de ses adversaires, M. Romney a pu surmonter cet obstacle et peut désormais se tourner vers le président sortant démocrate Barack Obama face auquel il doit s’attendre à une élection des plus serrées, si l’on en croit les derniers sondages. Selon une moyenne réalisée par le site spécialisé RealClearPolitics, les deux hommes sont au coude-à-coude avec un léger avantage pour M. Obama (45,6 %) face à son adversaire (43,6 %).
Face à la menace d’un adversaire qui prend désormais son envol après avoir été longtemps empêtré dans une primaire difficile, le camp Obama s’est lancé ces derniers jours dans un violent tir de barrage contre M. Romney. L’équipe de M. Obama vise en particulier la carrière du républicain à la tête du fonds d’investissement Bain Capital. Dans des spots télévisés, M. Romney est par exemple dépeint comme un « vampire », un « destructeur d’emplois » ou le « contraire de Robin des Bois », sur fond d’images d’usines liquidées et d’employés licenciés.
Pour sa part, M. Romney tente de focaliser sa campagne sur l’économie et assure qu’il est mieux à même que Barack Obama de redresser l’économie américaine. Il a ainsi récemment promis, s’il est élu, de ramener à 6 % le taux de chômage qui se maintient actuellement à 8,1 %. Cette promesse a immédiatement été moquée par le camp Obama qui affirme que les projections des économistes prévoient déjà une baisse du chômage à 6 % dans les quatre prochaines années.
M. Romney n’était pas au Texas, mardi soir, mais à Las Vegas dans le Nevada auprès du milliardaire Donald Trump, pour un événement destiné à lever des fonds pour sa campagne. S’il espère profiter de la notoriété et des dons du milliardaire, Mitt Romney pourrait aussi pâtir d’une proximité trop grande avec M. Trump, qui cherche à ressusciter une vieille polémique selon laquelle M. Obama serait né au Kenya et non à Hawaii. Mardi, l’équipe de campagne de M. Obama a donc critiqué M. Romney pour ses liens avec le magnat de l’immobilier. « Le fait que Mitt Romney continue à être lié à Donald Trump et refuse de condamner ses théories du complot honteuses démontre son manque complet d’autorité morale », a ainsi affirmé la porte-parole Stephanie Cutter.
(Source : AFP)

