Le conflit sur les frais de scolarité oppose étudiants et gouvernement depuis 4 mois. Photo Rogerio Barbosa/AFP
Avant la rencontre, l’un des responsables estudiantins, Léo Bureau-Blouin, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la ministre Michelle Courchesne y présente une nouvelle proposition portant sur les frais de scolarité, au centre du différend vieux de près de quatre mois, tout en précisant qu’il n’en connaissait pas le contenu. Le ministre délégué aux Transports Norman MacMillan a de son côté évoqué le déclenchement d’élections législatives anticipées en juillet pour mettre fin au conflit si le gouvernement ne réussissait pas à arracher bientôt un accord aux étudiants. « Je serais menteur si je vous disais le contraire », a-t-il dit en réponse à une question de la presse. De son côté, Mme Courchesne s’est dit « satisfaite » de l’amorce des négociations la veille. « Les étudiants ont manifesté de l’ouverture. (...) Les responsabilités doivent être partagées pour obtenir un résultat », a-t-elle ainsi déclaré.
Pour sa part, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole du syndicat étudiant le plus radical, la Classe, s’est félicité de la participation – pour la première fois depuis le début du conflit – du Premier ministre Jean Charest aux pourparlers de lundi, pendant moins d’une heure. La présence de Jean Charest démontre « que le gouvernement reconnaît l’ampleur de la crise actuelle » et peut-être « une certaine sincérité de la part du cabinet par rapport au processus de négociations », a-t-il estimé. Alors que la Classe avait exigé que les frais de scolarité et la loi spéciale adoptée dans le contexte du conflit pour limiter les manifestations figurent à l’ordre du jour, M. Nadeau-Dubois a laissé entendre avoir obtenu satisfaction. « Ce que l’on nous a dit de ce qui sera abordé sur la table nous a satisfait suffisamment pour que l’on reste », a-t-il dit. « Le Premier ministre a passé une demi-heure avec nous », a indiqué Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), mais « il n’avait pas beaucoup de réponses à nos questions ».
De même, tous les leaders étudiants ont dénoncé l’arrestation lundi soir de 84 manifestants pour « entrave à la circulation », juste après la fin des pourparlers et devant l’immeuble où ils s’étaient tenus, estimant qu’elle n’améliorait en rien le climat des négociations. Mme Desjardins s’est d’ailleurs demandé pourquoi la police avait attendu que les manifestants soient à cet endroit précis pour les arrêter. « Est-ce que c’est un geste pour mettre de la pression sur les négociations ? On trouve ça déplorable », a-t-elle dit.
En attendant, les deux parties ont déclaré avant et pendant les négociations vouloir « prendre le temps qu’il faudra » pour éviter la précipitation ayant mené à l’échec de leurs pourparlers début mai. Mais, selon des fuites de source gouvernementale rapportées hier dans le quotidien La Presse, le gouvernement a prévu de tenir une « réunion spéciale » ce soir. Selon l’usage, une telle réunion débouche sur l’annonce de décisions importantes, ce qui semble indiquer que M. Charest compte présenter publiquement une nouvelle proposition pour sortir de la crise.
Signalons, en marge de ce conflit, que M. Nadeau-Dubois a comparu hier devant la justice pour répondre à une accusation d’outrage à magistrat : il avait conseillé aux étudiants de désobéir à une injonction judiciaire ordonnant la reprise des cours. Le jeune homme, qui risque un an de prison, a plaidé non coupable.
(Source : AFP)

