Le président élu serbe, le nationaliste populiste Tomislav Nikolic, effectue aujourd’hui son premier déplacement à l’étranger à Moscou et rencontrera demain le président russe Vladimir Poutine, a-t-on appris hier auprès de son entourage. Bien que prévue avant son élection le 20 mai, cette visite risque d’alimenter les inquiétudes de ceux qui redoutent un ralentissement de la marche de Belgrade vers l’Union européenne (UE), Tomislav Nikolic étant connu pour avoir longtemps contesté une telle option pour son pays avant de se reconvertir en proeuropéen. M. Nikolic avait été invité à Moscou en sa qualité de président du Parti serbe du progrès (SNS) pour participer au congrès du parti au pouvoir, Russie unie. Mais selon la presse locale, l’entretien avec M. Poutine a été ajouté au calendrier de la visite après sa victoire surprise à la présidentielle serbe face au président sortant, le proeuropéen Boris Tadic. M. Nikolic n’a jamais dissimulé ses fortes sympathies prorusses, mais dès l’annonce de sa victoire, il a tenu à rassurer Bruxelles. « La Serbie maintiendra sa voie européenne », avait-il dit. Cet homme, connu pour ses déclarations à l’emporte-pièce, avait en effet affirmé en 2007 devant le Parlement que la Serbie ferait mieux d’être « une province russe » plutôt que d’adhérer à l’UE...
À Belgrade, dans la journée, Miroslav Lajcak, ministre slovaque des Affaires étrangères et envoyé spécial de l’UE, a annoncé que M. Nikolic fera néanmoins à Bruxelles sa première visite officielle en qualité de président. Ce dernier « a confirmé que sa priorité restait l’intégration européenne » de la Serbie, a-t-il ajouté.
« La première visite à l’étranger d’un président élu a une dimension symbolique. Son voyage à Moscou signifie peut-être une tentative d’équilibrer les deux objectifs de la Serbie en matière de politique étrangère, à savoir les relations avec la Russie et l’Union européenne », a estimé l’analyste Ognjen Pribicevic. « Attendons de voir si Nikolic respecte ce qu’il a dit dès son élection, que la Serbie ne déviera pas de sa marche vers l’UE », a-t-il ajouté. Le commentateur de politique étrangère, Predrag Simic, a lui aussi noté qu’une telle visite « représente une indication de l’orientation politique » du président élu. « Si cette visite signifie une plus forte orientation vers la Russie, on le verra, mais mon sentiment est qu’il s’agit plutôt d’une coïncidence », a-t-il poursuivi, en faisant référence à l’invitation adressée à M. Nikolic par Russie unie avant son élection.
Au lendemain de l’élection de M. Nikolic, le président de l’UE Herman Van Rompuy et celui de la Commission européenne José Manuel Barroso avaient salué son élection, y voyant « un signal très clair » en faveur de la poursuite de la politique européenne de Belgrade. La Serbie s’est vu octroyer en mars le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne et attend de connaître la date du début des négociations.
(Source : AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président élu serbe, le nationaliste populiste Tomislav Nikolic, effectue aujourd’hui son premier déplacement à l’étranger à Moscou et rencontrera demain le président russe Vladimir Poutine, a-t-on appris hier auprès de son entourage. Bien que prévue avant son élection le 20 mai, cette visite risque d’alimenter les inquiétudes de ceux qui redoutent un ralentissement de la marche de Belgrade vers l’Union européenne (UE), Tomislav Nikolic étant connu pour avoir longtemps contesté une telle option pour son pays avant de se reconvertir en proeuropéen. M. Nikolic avait été invité à Moscou en sa qualité de président du Parti serbe du progrès (SNS) pour participer au congrès du parti au pouvoir, Russie unie. Mais selon la presse locale, l’entretien avec M. Poutine a été ajouté au calendrier de la visite...