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Culture

Prendre le train avec Danièle Genadry

Exposition Dans la série d’œuvres (mixed media) exposées à la galerie Agial jusqu’au 8 juin, Danièle Genadry retrace le chemin de la voie ferrée allant de Beyrouth à Riyaq. Une tentative de reconfigurer dans ce « Blindspot » (angle mort) le paysage géographique mais aussi la mémoire.
25/05/2012

Colette KHALAF

 

Que garde-t-on en souvenir après avoir parcouru une longue route, traversé des paysages, parfois identiques, repéré des ronds-points, des pancartes, des arrêts? Que retient-on comme images? Qu’emmagasine-t-on comme sensations? À travers cette démarche artistique et sensorielle, Genadry a pu établir sa propre carte géographique et repérer des lieux nouveaux enfouis dans notre mémoire.
Huile et acrylique se mélangent dans ce travail aux couleurs d’arc-en-ciel, fraîches et acidulées. Mais aussi vidéos et boîte transparente évoquant les écrans qui envahissent le monde moderne. Dans cette scénographie imaginée par l’artiste et adaptée à la démarche, de multiples fréquences viennent s’inscrire, offrant différentes possibilités de lecture et créant ainsi par cette superposition de regards un espace nouveau.

Les souvenirs ont-ils une couleur ?
Ce travail pictural qui s’est articulé sur une recherche photographique en amont a vu le jour en juillet 2011. «Après avoir fait des recherches approfondies et munie d’une carte, j’ai réussi à capter des clichés de la voie ferrée menant de Beyrouth à Rayak. Mais ce qui était supposé être un simple itinéraire recomposé s’est transformé en un travail plus élaboré sur la mémoire qui a pris toute sa dimension lorsque je suis retournée à New York. Vus de loin, les clichés ont pris une dimension tout autre. L’oubli s’est installé. J’avais perdu certains repères et il fallait revenir au Liban pour les fixer à nouveau.»
En effet, en observant bien les photos, il est difficile de préciser le «spot» capté. Pour Genadry, si les lieux ont chacun leur propre histoire, sous le regard de chacun ces lieux mêmes s’animent différemment. Les couleurs qui surgissent dans le cortex suscitant même des sensations variables supplantent-elles la mémoire photographique? «Il fallait travailler sur la perception pour enclencher une réinterprétation des images», répond Danièle Genadry.
En repeignant les photos prises, en leur accordant des couleurs qui parlent, qui racontent des histoires, en structurant l’espace par une géométrie flexible, l’artiste réexamine la relation entre perception et construction, entre faits réels et fictifs. Danièle Genadry titille l’imaginaire et embarque ainsi le regard dans un autre voyage.

Galerie Agial (rue Abdel-Aziz) jusqu’au 8 juin.Tél : 01345213.

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