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Agenda - Hommage

Philippe Gédéon, le rassembleur

Antoine Roger CHEMALI

Fidèle à ce que tu as toujours été, tu es parti en silence et en toute discrétion, mon cher Philippe. Tu as bien caché ton jeu. Tu nous as tous pris par surprise mais ce n’était pas cette fois la belle surprise d’avoir un de tes mails matinaux « akhbaraksh mon bon Antoine ». Discret pour tout ce qui te concerne, tu n’aimerais pas lire ces lignes. Et pourtant, tu le mérites si bien que je brave ton interdit. Je t’ai rencontré la première fois à Londres, très peu de temps après mon arrivée et ce, au détour d’une chaîne d’e-mails qui s’est conclue par « Are you Lebanese ? »... Déjà fédérateur : le ton était donné. Dieu a fait que nous puissions nous rencontrer. Je ne connaissais que peu de gens, tous très occupés. En te rencontrant, j’ai retrouvé un coin du Liban sur les rives de la Tamise.
On s’est, depuis, très peu quittés. Tu connaissais tout le monde. Dieu ! Que tu étais entouré. Soutien dans les moments difficiles aussi bien que copain de foire (entendons-nous bien : une « foire » toute jésuite .. très contrôlée ( ! ) ), tu étais présent, toujours à l’écoute. Tu cherchais comment concilier ce monde de la finance dans lequel nous évoluons, truffé de gens peu scrupuleux, avec nos idéaux chrétiens.  Nous refaisions souvent le monde et évoquions une envie de rentrer au Liban pour retrouver nos racines et y inculquer nos valeurs.
Tes conseils de grand sage étaient toujours fraternels. Mais quand tu me conseillais de boire le lait de chamelle lors de mes voyages dans le Golfe, je décelais dans tes SMS le rire d’étouffement que tu devais avoir en imaginant ma tête : « Si , si, tu devrais goûter ! C’est très bon ! »
Président de cette association éphémère de Libanais à l’étranger, tu avais tous les atouts qu’aucun de nos politiques n’a : le goût et l’envie d’aider ton prochain, un tempérament rassembleur et un sens de la dérision qui feraient pâlir les bons pères jésuites qui nous ont beaucoup appris.
Tu étais probablement le meilleur ambassadeur que le Liban ait jamais eu.
Je rajouterais enfin une valeur par dessus toutes : l’honneur et
l’honnêteté. Tant de valeurs qui manquent de plus en plus. Tu étais le président des cœurs, le président rassembleur, le président, un point c’est tout. Tu n’imagines pas combien certains devraient prendre exemple sur toi.
Parler de toi au passé est un supplice. Je n’arrive pas encore à réaliser. Une de tes (très nombreuses) amies disait sur ton Facebook que les anges allaient bien rigoler avec toi : comme elle a raison !
Je suis sûr que le Bon Dieu avec qui tu ne ratais pas tes rendez-vous dominicaux t’attend avec impatience pour que tu le fasses rire avec tous les soucis qu’on lui donne. Adieu mon bon Philippe. Regarde-nous avec bienveillance de là-haut et viens nous voir le soir dans nos rêves.

 « Le juste, même s’il meurt avant l’âge, trouvera le repos.
C’est un âge avancé qu’une vie sans tache,
Il a su plaire à Dieu qui l’a aimé.
Il a été enlevé de peur que la malice n’altérât son intelligence.
Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière.
Son âme était agréable au Seigneur
Aussi l’a-t-il retirée en hâte d’un milieu dépravé. »
(Livre de la Sagesse 47/10-11-13-14)

 

Antoine Roger CHEMALI

Fidèle à ce que tu as toujours été, tu es parti en silence et en toute discrétion, mon cher Philippe. Tu as bien caché ton jeu. Tu nous as tous pris par surprise mais ce n’était pas cette fois la belle surprise d’avoir un de tes mails matinaux « akhbaraksh mon bon Antoine ». Discret pour tout ce qui te concerne, tu n’aimerais pas lire ces lignes. Et pourtant, tu le mérites si bien que je brave ton interdit. Je t’ai rencontré la première fois à Londres, très peu de temps après mon arrivée et ce, au détour d’une chaîne d’e-mails qui s’est conclue par « Are you Lebanese ? »... Déjà fédérateur : le ton était donné. Dieu a fait que nous puissions nous rencontrer. Je ne connaissais que peu de gens, tous très occupés. En te rencontrant, j’ai retrouvé un coin du Liban sur les rives de la...