M. Gafo remettant à l’ancien ministre de l’Intérieur la médaille espagnole, sous le regard souriant de son épouse.
La cérémonie a eu lieu à la résidence de l’ambassadeur en présence du député Élie Aoun, représentant le chef de l’État, Michel Sleiman, le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nagib Mikati, le nonce apostolique, Gabriele Cascia, l’archevêque Hanna Alwan, représentant le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, l’ancienne ministre Leila Solh, le général Abdo Njeim, représentant le directeur des FSI, le général Achraf Rifi, le général Youssef Sebaali, représentant le commandant en chef de l´armée, le général Jean Kahwagi, la chef de la Délégation de l’Union européenne au Liban, Angelina Eichhorst, ainsi que les ambassadeurs d’Italie, du Mexique, de Belgique, du Danemark, de Grande-Bretagne, aux côtés des membres de la famille et des amis.
« Fier de ta famille, de tes études, de tes accomplissements professionnels et de tes amitiés, tu représentes le prototype du jeune Libanais, dynamique, éveillé, brillant et confiant dans sa démarche. Cofondateur de l’Association libanaise pour la démocratie des élections et membre de la commission nationale pour la loi électorale, tu as lutté dans le but de consolider la démocratie au Liban », a déclaré M. Gafo dans son discours, après avoir rappelé qu’il achève son mandat au Liban.
Précisant que M. Baroud avait été la première personne qu’il avait eu l’occasion de rencontrer à son arrivée à Beyrouth en 2009, il a ajouté : « Depuis lors, une collaboration étroite et assidue s’est développée dans tous les domaines, dans l’intérêt de nos deux pays. Nul ne peut ignorer sa réussite en tant que ministre de l’Intérieur. » Après avoir rappelé le succès enregistré par l’ancien ministre au niveau de l’organisation et de la gestion des législatives de 2009, « malgré des moyens très réduits et d’énormes obstacles », le diplomate a affirmé à l’adresse de son hôte : « Ton professionnalisme et ton impartialité ont facilité l’accomplissement du travail de plus de 300 observateurs étrangers au sein des missions d’observation de l’Union européenne, que l’Espagne avait eu l’honneur de présider, à cette époque, en la personne de M. José Ignacio Salafranca. Avocat au service de ton pays, tu es parmi ces jeunes militants des droits civiques que l’on appelle à participer aux commissions puis au sein des gouvernements, où ils y exercent un choc réformateur sans jamais se laisser prendre au piège du pouvoir. Comme tu l’as si bien exprimé à un journaliste, “ la politique est beaucoup plus large qu’un siège parlementaire ou ministériel”. Soucieux du bien-être de la société civile, les réformes que tu as entreprises ont été le fer de lance de ton action politique. »
Et de conclure en ces termes : « Tu as propulsé toutes les initiatives visant à défendre les droits de l’homme. Tu as encouragé la femme libanaise à jouer un rôle politique plus important. Toujours dans le cadre du respect de la loi, tu as œuvré à promouvoir la modernisation des codes. Toi qui as reçu une éducation ouverte au changement et au modernisme, tu as démontré une capacité de dialogue avec toutes les idéologies et tous les courants. Tu vois dans la diversité une possibilité d’enrichissement culturel, et dans le dialogue, une voie de rapprochement de la vérité. »
Baroud : « Un gage d’amitié »
Prenant à son tour la parole, Ziyad Baroud a fait part de son trouble, d’autant, a-t-il dit, « que le pays est en deuil et que le tumulte est roi! », avant de remercier le roi d’Espagne pour son initiative qu’il a dit percevoir « comme un gage d’amitié profonde et comme un engagement de continuer à œuvrer, ensemble, pour les valeurs que nous partageons ».
Il a ensuite salué « l’appui incommensurable » de l’ambassadeur d’Espagne aux institutions libanaises, « ce qui fait partie de votre engagement diplomatique, certes, mais qui témoigne surtout de votre grande amitié, voire votre amour pour le pays du Cèdre ».
Et d’ajouter : « L’Espagne qui m’honore aujourd’hui porte à son actif, au Liban, une perception : c’est l’Espagne des valeurs, de la politique du voisinage ; l’Espagne de la Finul qui n’a pas manqué à l’appel à la solidarité et des Casques bleus qui ont versé du sang sur notre sol ; l’Espagne d’Andalousie, où les chemins de l’histoire racontent un croisement, un mélange de contributions, parmi lesquelles, l’héritage phénicien et la brillante civilisation arabe ; l’Espagne-royaume qui combine si allègrement la monarchie historique en ce qu’elle a de symbolique et la démocratie moderne en ce qu’elle a de participatif ; c’est aussi l’Espagne de Pedro Manuel De Aristegui, l’ambassadeur du roi tué en 1989. »


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