Anthony Wonsey, le musicien le plus talentueux de sa génération. Photo Hassan Assal
Colette KHALAF
Il était l’invité du Festival de Baalbeck l’an dernier aux côtés de Louis Hayes en tant que sideman. Mais, cette fois, Anthony Wonsey renoue – et de très près – avec le public libanais en leader de trio. Pas de planches ni de scène au Blue Note Café, simplement trois musiciens qui se confondent presque avec la salle, car ils sont légèrement plus surélevés que l’audience. Anthony Wonsey, lui, donne la note, c’est lui qui crée le «mood». Assis devant son piano, le sourire jovial, il se retourne souvent vers le public pour lui demander son avis et «jaser». C’est fait pour ça le jazz, car cette musique n’est pas seulement un dialogue entre musiciens, mais entre ces artistes et leur public.
Accompagné de Makram Abou al-Hosn à la contrebasse et de Dany Shukry à la batterie, Wonsey sera rejoint en fin de soirée par le saxophoniste Avo Tuntunjian, qui sera l’invité également d’autres soirées. Durant plus de deux heures, interrompues juste par une petite pause, le pianiste venu droit de la Grande Pomme interprétera les grands standards comme Relaxin at the Camarillo de Charlie Parker, If I were a bell ou encore Giving rise to doubt de Dimitri Kolensnic. À sa manière, le pianiste les revisitera dans cette flexibilité qui a fait sa marque de fabrique et lui a donné, au fil du temps, cette renommée de musicien le plus talentueux de sa génération. À ces grands classiques de la stratosphère jazz, il ajoutera ses propres compositions ou arrangements, notamment Blues for Hiroshi et Speak Low.
Entre tempos ultrarapides, musique syncopée du be-bop à la Charlie Parker et harmonies plus blues et intimistes, les notes d’Anthony Wonsey caracolent sur le clavier. Il s’aventurera par la suite dans certaines improvisations, non sans s’être assuré que l’ambiance est déjà bien surchauffée et que ses acolytes se soient mis à son rythme. En effet, les pas timides de début de soirée, semblables à des appels de phares, laisseront par la suite la place à une musique plus osée à laquelle le saxo d’Avo ajoutera son rythme plus «bluesy».
Le musicien américain avouera d’ailleurs, après le spectacle, que dans le jazz les artistes apprennent à se connaître au fur et à mesure qu’ils jouent. La musique deviendra ainsi «liante». «Demain, je changerai un peu ce morceau, dit-il. Comment l’avez-vous trouvé? Il me semble qu’il a besoin d’être remanié.» Perfectionniste, Anthony Wonsey est surtout modeste. Comment lui expliquer qu’on n’avait rien à redire sur le choix de la musique et ou son interprétation? Que la soirée était simplement sublime!
Un saut dans le passé. Dans cette époque d’or du ragtime.
Il était l’invité du Festival de Baalbeck l’an dernier aux côtés de Louis Hayes en tant que sideman. Mais, cette fois, Anthony Wonsey renoue – et de très près – avec le public libanais en leader de trio. Pas de planches ni de scène au Blue Note Café, simplement trois musiciens qui se confondent presque avec la salle, car ils sont légèrement plus surélevés que l’audience. Anthony Wonsey, lui, donne la note, c’est lui qui crée le «mood». Assis devant son piano, le sourire jovial, il se retourne souvent vers le public pour lui demander son avis et «jaser». C’est fait pour ça le jazz, car cette musique n’est pas seulement un dialogue entre musiciens, mais entre ces artistes et leur public. Accompagné de Makram Abou al-Hosn à la contrebasse et de Dany Shukry à la batterie, Wonsey sera...

