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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Chen Guangcheng condamné à un exil incertain aux USA

Le gouvernement chinois est vraisemblablement déterminé à faire payer au dissident l’humiliation subie.

Chen Guangcheng et son épouse Yuan Weijing.Mladen Antonov/AFP

Comme la plupart des dissidents chinois partis à l’étranger, Chen Guangcheng, réfugié aux États-Unis, devra s’habituer à l’idée d’un exil prolongé où il finira par perdre de l’influence, ont estimé hier des défenseurs des droits de l’homme.
À son arrivée à New York samedi soir, le militant aveugle, lunettes noires et chemise blanche, a exprimé sa « gratitude » envers les autorités américaines et les nombreux amis qui l’ont aidé, mais s’est également dit « très satisfait d’avoir vu le gouvernement chinois traiter la situation avec retenue et calme ». Chen Guangcheng s’est évadé le 22 avril dans des conditions rocambolesques de son village de Dongshigu où il était assigné à résidence, gagnant clandestinement Pékin pour se placer sous la protection de l’ambassade américaine en attendant d’être fixé sur son sort. Deux semaines d’intenses tractations ont débloqué un incroyable imbroglio diplomatique sans pour autant résoudre définitivement la situation du militant, rendu célèbre pour avoir dénoncé les avortements et campagnes de stérilisation forcés, ainsi que les expropriations abusives.
Accompagné par sa femme et leurs deux enfants, M. Chen a insisté sur le fait qu’il ne demandait pas l’asile aux États-Unis – les autorités chinoises lui ont délivré un passeport pour études – et souhaitait revenir dès que possible en Chine. L’expérience laisse cependant peu d’espoir à l’avocat autodidacte, le gouvernement chinois étant vraisemblablement déterminé à lui faire payer l’humiliation subie. « Si son intention est de revenir en Chine, je crois que ce sera très difficile », analyse ainsi le professeur d’université à la retraite Sun Wenguang qui fut longtemps un contempteur redouté de Pékin pour sa virulente critique sociale. « Il est à l’origine de turbulences diplomatiques et s’est retrouvé dans la lumière de la presse internationale. Le gouvernement ne le laissera pas revenir aussi facilement », ajoute-t-il.
Ses années de prison (2006-2010) puis son assignation à résidence empêchaient M. Chen de mener ses activités militantes comme bon lui semblait. Mais d’autres dissidents avaient rallié sa cause et des célébrités étrangères, dont l’acteur britannique Christian Bale, avaient défié Pékin en tentant de lui rendre visite chez lui, dans son village cerné par les forces de sécurité. Débarrassées du trublion, les autorités chinoises sont désormais peu désireuses de le voir de nouveau pousser le feu de la contestation sur ses terres, même si en théorie la loi ne leur permet pas d’interdire à leurs ressortissants de fouler le sol national. « Il devrait avoir le droit, comme citoyen, de revenir en Chine. Mais compte tenu du contexte politique, je doute que le gouvernement l’y autorisera », confirme le militant Jiang Tianyong. « Le gouvernement chinois enfreint souvent les lois nationales et internationales en refusant de laisser des citoyens quitter le pays ou y revenir. »
C’est le cas de Wei Jingsheng, un ancien électricien du zoo de Pékin considéré comme le « père » de la dissidence chinoise pour sa participation au mouvement dit du « Mur de la démocratie » en 1979. Mis dans un avion pour les États-Unis en 1997 après avoir purgé en deux fois 18 années de prison, il n’est jamais retourné en Chine depuis. D’autres militants des droits de l’homme, impliqués dans le mouvement étudiant pour la démocratie de la place Tiananmen à Pékin en 1989, ou des membres du mouvement spirituel Falungong, sont interdits de séjour dans leur pays.
Par ailleurs, même sous l’éteignoir de la sécurité chinoise, le message de Chen portait davantage que dans son exil américain, estime le professeur Sun. « Beaucoup de gens suivaient ce qui lui arrivait (...). Je doute qu’il soit aussi efficace (aux États-Unis) que quand il était en Chine. »
(Source : AFP)
Comme la plupart des dissidents chinois partis à l’étranger, Chen Guangcheng, réfugié aux États-Unis, devra s’habituer à l’idée d’un exil prolongé où il finira par perdre de l’influence, ont estimé hier des défenseurs des droits de l’homme.À son arrivée à New York samedi soir, le militant aveugle, lunettes noires et chemise blanche, a exprimé sa « gratitude » envers les autorités américaines et les nombreux amis qui l’ont aidé, mais s’est également dit « très satisfait d’avoir vu le gouvernement chinois traiter la situation avec retenue et calme ». Chen Guangcheng s’est évadé le 22 avril dans des conditions rocambolesques de son village de Dongshigu où il était assigné à résidence, gagnant clandestinement Pékin pour se placer sous la protection de l’ambassade américaine en...
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