Le général Robert Mood, chef des observateurs de l’ONU en Syrie, et Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, visitant la région de Zabadani hier après-midi. Plus tôt en journée, une explosion était survenue à Douma à quelques mètres du général Mood. Khaled al-Hariri/Reuters
Parallèlement, signe que l’émissaire international Kofi Annan n’arrive toujours pas à faire respecter son plan de paix, le cessez-le-feu théoriquement entré en vigueur le 12 avril a été une fois de plus ignoré et au moins 48 personnes ont été tuées, dont 34 dans le pilonnage de Sourane, une localité de la province de Hama. Le pilonnage a duré trois heures et a été suivi par une attaque contre la localité. « Les observateurs auraient dû se diriger vers cette localité aux premières informations de bombardements », a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). À Damas même, des combats ont éclaté à l’aube dans le quartier de Kafar Soussé, où l’armée a dépêché d’importants renforts, a indiqué l’OSDH. D’autres accrochages ont éclaté à la périphérie sud de la capitale, et plus près du centre-ville, des tirs ont été entendus sur la place ultraprotégée des Abbassides. Ces combats sont survenus au lendemain d’un attentat-suicide à la voiture piégée qui a frappé pour la première fois Deir el-Zor, faisant neuf morts et une centaine de blessés.
Ajoutant à la confusion, de hauts responsables ont démenti à la télévision d’État des informations faisant état de leur assassinat, après la diffusion par les chaînes satellitaires arabes al-Jazira et al-Arabiya d’une vidéo dans laquelle un homme revendique le meurtre de six responsables proches du président Bachar el-Assad. Il s’agit de Assef Chawkat, beau-frère de M. Assad et chef des renseignements militaires, des ministres de l’Intérieur, Mohammad al-Chaar, et de la Défense, Daoud Rajha, de Hicham Bakhtiar, chef de la Sécurité nationale, de Hassan Turkméni, adjoint au vice-président, et de Mohammad Saïd Bakhtian, adjoint au chef du parti Baas au pouvoir. « Ce que diffuse la dégoûtante chaîne al-Jazira est totalement sans fondement », a réagi le ministre al-Chaar. M. Turkméni, apparu à l’écran, a qualifié la nouvelle de « comble de la désinformation ».
Inquiétude du G8
Au niveau international, les pays du G8 ont appelé samedi, dans leur communiqué final à Camp David, le gouvernement syrien « et toutes les parties » à faire cesser immédiatement la violence et à appliquer le plan Annan. « Nous sommes consternés par les pertes en vies humaines, la crise humanitaire et les violations graves et étendues des droits de l’homme en Syrie », ont indiqué les chefs d’État et de gouvernement, se disant « déterminés à envisager d’autres mesures à l’ONU en fonction des besoins ». La Russie, membre du G8, continue de s’opposer à toute ingérence dans les affaires de son proche allié syrien et malgré le plan de paix de M. Annan, le pays continue à s’enfoncer dans la crise. Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a indiqué dans un tweet que M. Annan allait se rendre en Syrie à la fin de ce mois et que Damas « saluait » cette visite. Par ailleurs à New York, le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a évoqué avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « la situation extrêmement grave en Syrie et ses conséquences préoccupantes » sur les pays voisins.
En outre, dans leur communiqué final, les dirigeants du G8 ont appelé l’Iran à saisir sa chance lors de la prochaine réunion de Bagdad sur son programme nucléaire controversé.
(Sources : agences
et rédaction)


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