La campagne, qui devrait se jouer autour de l’enjeu de l’appartenance ou non à l’euro, et de la poursuite des mesures d’austérité, pourrait se transformer en un duel entre la droite Nouvelle-Démocratie (ND) et la gauche radicale anti-rigueur Syriza. Cependant, alors que la semaine dernière Syriza figurait en première place des intentions de vote, un nouveau sondage paru hier dans le quotidien conservateur Elefthéros Typos et effectué par l’institut Marc, donne la première place à la droite avec 23,1 % des intentions de vote contre 21 % pour le Syriza et 13,2 % au Pasok (socialistes). Deuxième scrutin en moins de deux mois, ces élections accentuent l’incertitude politique et l’angoisse des créanciers – UE, BCE et FMI – qui doutent de la volonté des Grecs de poursuivre l’austérité budgétaire imposée depuis 2010. À l’origine de ces inquiétudes, la montée du parti Syriza, arrivé deuxième derrière Nouvelle-Démocratie lors du scrutin du 6 mai, en quadruplant son score depuis les dernières législatives de 2009.
Mais sans même attendre le scrutin, le titre Grèce n’a déjà quasiment plus de valeur sur les marchés mondiaux. Et l’agence de notation financière Fitch a encore abaissé jeudi les notes de long terme de la dette en devises et en euros de la Grèce, à « CCC » contre « B- » auparavant, citant un « risque accru » de sortie du pays de la zone euro.
Sur le plan politique, l’instabilité s’est accrue après l’échec des dirigeants de partis à former un gouvernement de coalition, après que les élections du 6 mai ont débouché sur un Parlement fragmenté. Le retour aux urnes va en outre causer de nouveaux retards dans l’exécution du plan d’ajustement des finances du pays, certains investisseurs craignant qu’Athènes n’abandonne complètement ses efforts. Déjà les processus de privatisations, dictés par l’UE et le FMI, ont été suspendus jusqu’aux élections.
Au niveau diplomatique, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré hier espérer avoir un gouvernement capable d’agir en Grèce après les élections, lors d’une conversation téléphonique avec le chef de l’État grec Carolos Papoulias. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a, lui, souhaité hier que la Grèce « reste dans l’Europe ». Mais « cela présuppose que le pays fasse de son côté ce qui est nécessaire pour connaître un développement économique plus sain », a-t-il averti, jugeant également que « l’apaisement » sur les marchés n’interviendrait que « dans douze à vingt-quatre mois ». Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, en visite à Athènes, a de son côté affirmé hier qu’une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas « la fin d’une évolution négative », mais « le début d’une évolution encore plus négative ».
(Source : AFP)


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