Par ailleurs, la police russe a dispersé mercredi un campement installé par l’opposition dans le centre de Moscou et indiqué qu’elle ne tolérerait aucune autre action de ce type. Des dizaines de personnes ont été interpellées lors de ces interventions mercredi et jeudi. Un porte-parole de la police de Moscou, Maxime Kolosvetov, a aussi indiqué hier que 12 autres personnes avaient encore été interpellées sur les lieux d’un nouveau campement, place Koudrinskaïa. Une des personnes interpellées a été relâchée, les 11 autres devaient comparaître devant la justice hier, a indiqué ce responsable à l’antenne de la radio Echo de Moscou. L’antenne russe d’Amnesty International a annoncé qu’elle considérait comme « prisonniers d’opinion » les opposants russes Sergueï Oudaltsov et Alexeï Navalny, condamnés la semaine dernière à 15 jours de détention pour « refus d’obtempérer ».
Face à la nouvelle forme que prend la contestation, accompagnée de campements de jeunes gens dans des squares de Moscou, les autorités ont donc invoqué des dommages infligés aux espaces verts ou la distribution illégale de sandwiches pour intervenir, parfois violemment, et interpeller des dizaines de personnes. Mais le parti au pouvoir Russie unie, majoritaire à la Douma, a aussi entrepris d’adapter la loi pour lutter contre les rassemblements « illégaux », en déposant un projet de loi prévoyant des amendes allant jusqu’à 25 000 euros pour les organisateurs ou « participants actifs » à des manifestations non autorisées. Le chef du groupe parlementaire Russie unie, Andreï Vorobev, a accepté de diminuer le montant des amendes pour le ramener à 12 500 euros pour les personnes physiques. « Ce sera une juste punition », a-t-il estimé en ajoutant : « Il n’y a aucune restriction dans notre pays à la tenue de manifestations. » Le vote en première lecture sur la nouvelle loi était prévu hier. Il a été reporté à mardi – mais maintenu malgré les protestations de l’opposition parlementaire – selon le président de la Douma Sergueï Narychkine, un proche du président russe Vladimir Poutine, cité par l’agence officielle RIA-Novosti. Le parti communiste et Russie juste (centre gauche), des forces parlementaires qui ont durci le ton à la faveur de la contestation de ces derniers mois, avaient indiqué jeudi qu’ils quitteraient la Douma en cas d’examen du texte.
(Source : AFP)

