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Liban

Soutenue par les FSI, l’armée renforce sa présence à Tripoli

Les islamistes attendent la réponse à la demande de mise en liberté de Chadi Mawlaoui.

Une vue aérienne de la ligne de front entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen. Photo Reuters

Un calme précaire prévaut à Tripoli depuis l’intervention de l’armée entamée lundi soir pour mettre fin aux accrochages entre les deux quartiers de Bab el-Tebbaneh (sunnite) et Baal Mohsen (alaouite). L’armée a pu contenir la reprise des violences sur plusieurs axes dans la soirée de mercredi à jeudi. Pendant la journée, des unités de l’armée et des FSI se sont déployées massivement dans les rues et les places de la capitale du Nord afin de faire cesser définitivement les échanges de tirs. Selon des sources sécuritaires, « suite aux contacts en cours pour rétablir l’ordre à Tripoli, il a été décidé de renforcer la présence d’unités de l’armée à Bab el-Tebbaneh et Baal Mohsen, parallèlement à l’établissement de barrages de contrôle dans les différents quartiers de Tripoli, et surtout au niveau des zones sensibles ».
Ces mêmes sources ont signalé que « ce plan sera mis à exécution à partir de 15h aujourd’hui (hier) et toute personne qui porte des armes sera arrêtée ». Ces déclarations coïncidaient avec la réunion tenue hier au domicile du Premier ministre Nagib Mikati, en présence des ministres Ahmad Karamé et Fayçal Karamé, de M. Ahmad Safadi, représentant du ministre Mohammad Safadi, du député Mohammad Kabbara, du mufti de Tripoli et du Nord cheikh Malek Chaar, ainsi que des responsables sécuritaires de l’armée et des FSI. Effectivement, les faits observés sur le terrain ont révélé l’efficacité de ce plan d’action, les forces de l’armée, soutenues par les FSI, ayant fourni hier des renforts de 300 membres en provenance de Beyrouth.

L’activité paralysée
Sur le terrain, « des affrontements intermittents à la roquette et à la mitrailleuse se sont déroulés à partir de 4h du matin » entre les deux quartiers rivaux, selon un responsable sécuritaire cité hier par l’AFP, précisant que des maisons ont été brûlées. L’armée a tiré en direction des miliciens, mais a dû se replier légèrement sur la rue de Syrie qui sépare les deux quartiers. Vers midi, la situation s’est calmée malgré quelques tirs sporadiques, en provenance de francs-tireurs. Mais l’armée a pu repérer les origines des tirs, selon la chaîne MTV. En soirée, des informations de l’agence nationale ont fait état de l’arrêt total des tirs des francs-tireurs.
Toutefois, les commerces de la ville sont restés fermés et l’activité demeure paralysée. Les travaux de l’EDL ont été suspendus. L’office a publié un communiqué expliquant que « suite aux incidents sécuritaires à Tripoli et dans ses environs (...) les travaux de maintenance prévus au niveau de la centrale de Deir Ammar se sont entièrement arrêtés dimanche ».
Mais ce sont les pertes en vies humaines qui aggravent le bilan des accrochages de Tripoli. Hier encore, un enfant, Abdel Rahim Mohammad Hamad, a été tué et sept personnes ont été blessées, ce qui porte le bilan des affrontements à 12 morts et des dizaines de blessés.

Suivi de l’enquête avec Mawlaoui
En outre, les manifestants salafistes qui campent sur la place de la Lumière, au centre de Tripoli, continuent de suivre les développements de l’enquête avec Chadi Mawlaoui, dont l’arrestation samedi par la Sûreté générale, l’accusant d’appartenir à un réseau terroriste, avait déclenché les derniers événements dans la capitale du Nord. Une accusation que les défenseurs de Mawlaoui rejettent, estimant que la seule accusation recevable est l’assistance qu’il a fournie aux réfugiés syriens. Dans ce cadre, le juge d’instruction près le tribunal militaire Nabil Wehbé a procédé à un second interrogatoire de Mawlaoui de 10h45 et jusqu’à 15h, cette fois en présence de l’avocat de défense Mohammad Hafza et d’une délégation de la commission des avocats islamistes, alors que l’enquête préliminaire avait eu lieu en l’absence d’avocats. Hier, Mohammad Hafza a demandé que son client obtienne une mise en liberté, et le juge Wehbé a déféré cette demande pour avis au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire le juge Sakr Sakr. L’avocat Hafza s’attend à ce que cette demande soit tranchée aujourd’hui, à la fin de l’horaire officiel.
Pour sa part, le frère de Chadi Mawlaoui a promis une escalade de la manifestation si ce dernier n’est pas remis en liberté dans l’après-midi. Néanmoins, les manifestants salafistes ménagent les autorités, notamment le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel, qui avait exigé que Mawlaoui bénéficie de la présence d’un avocat. Marwan Charbel se montre également à l’écoute des revendications sur le dossier des détenus salafistes, qui attendent leur procès depuis cinq ans.

Charbel à l’écoute des détenus
Rappelons que l’arrestation de Mawlaoui avait coïncidé avec un sit-in organisé samedi sur la place de la Lumière pour réclamer l’ouverture des procès des détenus salafistes. Dans ce cadre, le ministre Charbel a lancé hier la commission « la Vie pour un homme », présidée par Talal Makdessi et composée du juge Hatem Madi, et de Leila Karamé, Amale Abou Zeid et Philippe Abi Akl. Cette commission, qui « se préoccupe des individus dans le besoin (...), a déjà entamé son action en assurant la mise en liberté de 95 détenus, toutes confessions confondues, ayant purgé leurs peines mais qui n’ont pas les moyens financiers de payer l’amende nécessaire pour leur sortie de prison ». En outre, au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue hier, le ministre Charbel a affirmé que « l’affaire de Chadi Mawlaoui relève de la seule compétence des autorités judiciaires, qui ne sont soumises à aucune pression extérieure et sauront juger équitablement ». S’agissant du dossier des détenus islamistes, il a assuré que l’aménagement d’une salle d’audience au sein de la prison de Roumié, entamé à la suite des incidents de Tripoli et qui doit s’achever en septembre, vise à accélérer les procès de ces détenus.

Le bémol de Bakri
Toutefois, parmi les manifestants salafistes hier à Tripoli, le prédicateur Omar Bakri a tenu un discours qui n’a pas reçu l’aval des organisateurs du sit-in à la place de la Lumière. Libéré il y a deux ans grâce à l’intercession du Hezbollah, Omar Bakri s’est lancé dans une diatribe contre le ministre de l’Intérieur. Il a immédiatement été écarté du sit-in, comme en témoigne Nabil Halabi, porte-parole de l’association des droits de l’homme Life. S’exprimant en soirée sur la chaîne LBC, le prédicateur Daya al-Islam Chahhal a encensé le ministre Charbel, le qualifiant de « héros salafiste » et louant ses qualités morales et humaines. Dans une autre interview accordée tard en soirée à la BBC, cheikh Chahhal a d’autre part mis en cause le Hezbollah dans les évéments de Tripoli, accusant le parti chiite de distribuer des armes dans la ville à des groupuscules qui lui sont inféodés.
Par ailleurs, la société civile a eu son mot à dire hier. Des ONG ont organisé une manifestation devant le Sérail de Tripoli en milieu d’après-midi, appelant à retirer les armes de la ville. En outre, le centre SKEyes pour les libertés médiatiques et culturelles a dénoncé l’agression contre le journaliste photographe Shayb Ayoub, mardi, dans le cadre de sa couverture des incidents à Tripoli.
Un calme précaire prévaut à Tripoli depuis l’intervention de l’armée entamée lundi soir pour mettre fin aux accrochages entre les deux quartiers de Bab el-Tebbaneh (sunnite) et Baal Mohsen (alaouite). L’armée a pu contenir la reprise des violences sur plusieurs axes dans la soirée de mercredi à jeudi. Pendant la journée, des unités de l’armée et des FSI se sont déployées massivement dans les rues et les places de la capitale du Nord afin de faire cesser définitivement les échanges de tirs. Selon des sources sécuritaires, « suite aux contacts en cours pour rétablir l’ordre à Tripoli, il a été décidé de renforcer la présence d’unités de l’armée à Bab el-Tebbaneh et Baal Mohsen, parallèlement à l’établissement de barrages de contrôle dans les différents quartiers de Tripoli, et surtout au...
commentaires (1)

- - Ce n'est pas une bonne idée que les FSI soient présents à Tripoli pour résoudre le problème militaire ! La troupe seule " pour l'instant " doit s'en occuper avec ses services carte blanche politique à l'appui , avec la possibilité d'une entraide OFFICIELLE avec l'armée Syrienne selon les accords entre les deux pays , puisque les terroristes et l'ennemi sont les mêmes pour les deux pays !!

JABBOUR André

02 h 17, le 18 mai 2012

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Commentaires (1)

  • - - Ce n'est pas une bonne idée que les FSI soient présents à Tripoli pour résoudre le problème militaire ! La troupe seule " pour l'instant " doit s'en occuper avec ses services carte blanche politique à l'appui , avec la possibilité d'une entraide OFFICIELLE avec l'armée Syrienne selon les accords entre les deux pays , puisque les terroristes et l'ennemi sont les mêmes pour les deux pays !!

    JABBOUR André

    02 h 17, le 18 mai 2012

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