L’annonce de la proposition de M. Papoulias a été faite par le chef du Pasok socialiste Evangélos Vénizélos à l’issue d’une nouvelle réunion jusque-là présentée comme de dernière chance au palais présidentiel avec les dirigeants conservateur, Antonis Samaras, et de la gauche modérée, Fotis Kouvelis. Selon M. Vénizélos, l’option d’un « gouvernement de personnalités non politiques, qui sera soutenu au Parlement par le plus grand nombre de députés », a été proposée par M. Papoulias « pour éviter les élections (...) et permettre au pays de revendiquer le dépassement définitif du mémorandum et de sortir de la crise ». Pour être soutenu au Parlement, un gouvernement de technocrates doit pouvoir prétendre réunir 151 députés au moins, sur les 300 que compte le Parlement.
M. Vénizélos a ainsi immédiatement apporté son soutien à la proposition de M. Papoulias, que M. Samaras s’est également dit prêt à examiner en invoquant le « mandat du peuple » en faveur selon lui d’une coalition gouvernementale. M. Kouvelis a, lui, réitéré son refus d’un attelage gouvernemental auquel ne participerait pas son rival de gauche, Alexis Tsipras. Cette position, également avancée par M. Samaras, a bloqué la formation, jugée la plus probable dans un premier temps, d’une équipe associant le Dimar aux conservateurs et aux socialistes. Professant leur attachement à l’euro, la Nouvelle Démocratie, le Pasok et Dimar ont émis des propositions proches en vue de la formation d’un gouvernement « de deux ans » ayant pour but la renégociation et l’allègement des mesures de rigueur imposées depuis 2010 par les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, et fortement contestées lors du scrutin du 6 mai.
Toutefois, la rencontre d’hier n’était pas définitive et une nouvelle réunion devrait avoir lieu aujourd’hui à 11h00 GMT. Elle sera précédée d’un tête-à-tête entre M. Papoulias et le transfuge conservateur Panos Kammenos, appelé en renfort des trois partis qui tentent d’éviter une sortie du pays de l’euro, après avoir été dans un premier temps tenu à l’écart des tractations entre conservateurs, socialistes et gauche. Son parti nationalo-populiste Grecs indépendants avait remporté 33 députés sur 300 aux élections législatives du 6 mai. Le dirigeant de la gauche radicale du Syriza, propulsé deuxième force politique du pays pour son rejet total des recettes UE-FMI d’austérité, a accepté de participer à la réunion aujourd’hui. Seuls le parti communiste KKE, qui campe sur un isolement assumé, et la formation néonazie Chryssi Avghi (Aube dorée) seraient absents.
Si la dernière tentative de M. Papoulias échouait, la Grèce s’acheminerait vers de nouvelles élections mi-juin, qui pourraient voir les partis opposés à l’austérité obtenir la majorité et entraîner le pays vers une possible sortie de la zone euro. Les dirigeants européens ont d’ailleurs de nouveau agité hier le spectre de cette éventualité, dans le sillage d’un premier avertissement émanant de Berlin, première économie européenne, qui prône la discipline budgétaire. Si la chancelière allemande Angela Merkel a assuré qu’elle ne « croyait pas » que l’aide européenne s’arrête pour la Grèce, son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a écarté tout assouplissement du plan de réformes demandé à Athènes.
(Source : agences)

