Selon lui, le but de la guerre de juillet 2006 était non seulement de « détruire la résistance (le Hezbollah), mais aussi de punir sauvagement l’environnement dans lequel elle évolue pour montrer à ses partisans que le prix de l’appui à la résistance est très lourd ». « C’est donc ainsi, a-t-il dit, qu’il faut comprendre les destructions systématiques des quartiers et des villages effectuées par l’ennemi. Le projet Waad est non seulement une réalisation urbaine, mais aussi la victoire de la reconstruction sur la destruction, et celle de la volonté de vivre dans la dignité chez soi. »
Le secrétaire général du Hezbollah a détaillé les étapes de la reconstruction prise en charge par le Hezbollah « à la demande des habitants », réitérant ses remerciements à la République islamique d’Iran « qui a répondu rapidement et généreusement à la demande qui lui avait été faite de fournir des fonds pour éviter de laisser les gens sans ressources et sans toit ». Au passage, il a, à la fois, remercié le gouvernement de l’époque et l’État, tout en relevant la lenteur des formalités administratives et le fait que le premier versement des indemnités a été payé et que les habitants attendent toujours le second... Il a aussi remercié le Fonds koweïtien, qui a participé directement, alors que les autres aides ont été versées à l’État.
En comparaison, Nasrallah a évoqué la lenteur de la reconstruction à Gaza, faute principalement de moyens. Il a invité les pays arabes à donner de l’argent aux Palestiniens pour qu’ils reconstruisent leurs maisons détruites en 2009. Il s’est aussi demandé pourquoi le monde entier bouge pour la Syrie, mais nul n’évoque la grève de la faim de 3 000 prisonniers palestiniens en Israël.
Nasrallah a encore soulevé la question de la formation d’un gouvernement d’union nationale en Israël, demandant à tous de réfléchir sur la raison d’une telle démarche. Il a ensuite précisé que si en 2006, le Hezbollah était peut-être capable de bombarder Tel-Aviv, et ne l’a pas fait pour préserver Beyrouth, il est désormais en mesure de « frapper des cibles précises non seulement à Tel-Aviv, mais sur l’ensemble du territoire israélien ». Il a lancé : « L’époque où nous avions peur alors qu’ils vivaient dans la sécurité est révolue. Désormais, c’est nous qui restons et eux qui se dirigent vers la disparition... » Il a encore évoqué la reconstruction du camp de Nahr el-Bared, estimant qu’elle doit être réalisée parce qu’elle permet de préserver le droit au retour des Palestiniens et que le retard est inexplicable.
Au sujet de Bahreïn, il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une révolution pacifique et qui compte le rester. Sur le dossier syrien, Nasrallah a estimé que « ce sont les mêmes mains et le même cerveau qui agissaient en Irak qui sévissent désormais en Syrie ». « Nous sommes de plus en plus convaincus, a-t-il dit, que certains veulent détruire la Syrie qui appuie la résistance pour se venger du peuple, tous deux ayant mis en échec le projet de George W. Bush. » Selon lui, les Syriens sont devant deux modèles : « Soit adhérer au processus politique et procéder au dialogue, soit livrer leur pays à la terreur et au sang comme ce fut le cas en Irak. »
Nasrallah a ensuite abordé la situation au Liban. Il a dans ce cadre évoqué principalement deux thèmes : les élections législatives et les événements du 7 mai 2008. Au sujet des élections, Nasrallah a estimé que l’échéance est suffisamment importante pour mériter un dialogue sérieux et pour que les parties libanaises prennent le temps de s’écouter les unes les autres. « Il ne faut fermer la porte à aucune option », a précisé le chef du Hezbollah. Tout en précisant que son parti et Amal conservent leur part, quelle que soit la formule adoptée, il a précisé qu’avec ses alliés, il préfère le scrutin proportionnel avec de grandes circonscriptions pour assurer une meilleure représentation de la population. Il a accusé le courant du Futur de rejeter cette formule parce qu’il refuse de perdre le monopole de la représentation sunnite. Pourtant, selon lui, en 2009, « malgré 1,2 milliard de dollars versés et une campagne féroce menée contre l’opposition sunnite, celle-ci a obtenu 35 % des suffrages sunnites ». Il est ensuite revenu sur les déclarations de certaines personnalités du 14 Mars, avant la visite de Feltman, selon lesquelles « il ne peut y avoir d’élections à l’ombre des armes ». Il a ainsi estimé que s’il faut suivre cette logique, « les élections de 2005 et de 2009 sont nulles, ainsi que leurs résultats ». Il a aussi ajouté que « les seules armes qui peuvent intervenir dans les élections sont légères et moyennes, et toutes les parties en possèdent ». Il s’est en tout cas prononcé pour la tenue des élections à la date prévue dans un climat sain. Il est ensuite revenu sur les événements du 7 mai 2008 que certaines parties évoquent chaque année pour des raisons confessionnelles. Tout en déclarant avoir des données sur la volonté de l’autre camp d’amener des milliers de combattants à Beyrouth pour susciter une discorde entre les sunnites et les chiites et sur l’adoption des décisions du gouvernement le 5 mai, tout cela dans le but de solliciter en définitive une intervention internationale, Nasrallah a affirmé que le 7 mai 2008 a permis d’étouffer « les plans de discorde ». Selon lui, « les événements du 7 mai n’étaient pas dirigés contre une communauté ou contre une ville, Beyrouth ». « Il s’agissait au contraire de sauver le pays », a-t-il affirmé. Tout en soulignant que si le Hezbollah ne répond pas aux attaques régulières dont il fait l’objet sur ce sujet, « ce n’est certainement pas parce qu’il est faible ou parce qu’il a peur ». Il a lancé à ceux qui parlent du 7 mai : « Voulez-vous entrer avec nous dans une guerre psychologique et d’incitation confessionnelle ? Nous savons parfaitement que ce qui s’est passé le 7 mai avait ses causes et ses considérations locales et autres. »
Nasrallah a encore affirmé que si ce sujet est évoqué régulièrement, c’est parce que « l’autre camp n’a rien à proposer à ses partisans et n’a pas de projet ». « Il a donc recours à la mobilisation confessionnelle. Mais il faut en définitive préserver notre pays, surtout face à la tempête qui souffle autour de nous », a-t-il déclaré. Selon lui, tout ce tapage ne sert à rien, puisqu’en définitive, son camp n’a pas contesté les résultats des élections ni en 2005 ni en 2009, refusant d’évoquer les fraudes ou l’argent versé. Il a enfin lancé cette phrase : « Nous acceptons l’arbitrage des élections et nous refusons celui des armes », invitant en conclusion les parties libanaises à procéder à « une reconstruction politique » sur la base de la participation et de la représentation juste.
Signalons encore que la cérémonie a commencé par la diffusion d’un film spécial sur la banlieue sud détruite par les bombes israéliennes, puis reconstruite grâce au projet Waad. Le directeur de ce projet, Hassan Jechi, a d’ailleurs expliqué toutes les étapes de la reconstruction.


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Et la Caravane qui passe Toujours Bien Sûûûr, "et ne fait voir ses organes procréateurs, à personne, excepté ses femmes et ses docteurs" ! Dixit Brassens. Elle ne porte son respect et fait sa révérence qu'aux personnes honnêtes qui le méritent, comme celles du 14 Mars Bien Sûûûr…. comme Toujours.
04 h 11, le 13 mai 2012