Le président de l’Assemblée nationale (Wolesi Jirga), Abdul Rahoof Ibrahimi, a ainsi accusé l’ambassadeur iranien à Kaboul d’avoir fait pression auprès de plusieurs députés pour qu’ils ne votent pas l’accord afghano-américain signé la semaine dernière par les présidents Hamid Karzaï et Barack Obama. Par ailleurs, les diplomates afghans sont « constamment intimidés » dans la capitale iranienne, dénonce un responsable gouvernemental afghan sous le couvert de l’anonymat, qui souligne qu’ils sont « pris en chasse partout par les forces de sécurité iraniennes » et que leurs déplacements sont « entravés ». Ce harcèlement est lui aussi « lié au partenariat afghano-américain », dont les Iraniens « ne sont pas contents », estime-t-il.
Le porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, Janan Mosazai, a reconnu des « problèmes » à Téhéran, tout en précisant qu’ils « ne mettent pas en danger le personnel de l’ambassade » afghane. Kaboul discute avec le gouvernement iranien pour les résoudre, a-t-il ajouté en se refusant à donner plus de détails.
Côté iranien, le porte-
parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a dénoncé ce week-end le pacte afghano-américain qui « non seulement ne résoudra pas les problèmes sécuritaires de l’Afghanistan, mais intensifiera l’insécurité et l’instabilité » dans ce pays. Cet accord est une source de « préoccupation » pour l’Iran car « le statut des bases militaires américaines en Afghanistan n’est pas clair et la mission des forces américaines en termes de sécurité manque de transparence », a-t-il dénoncé.
La défiance n’a jamais été aussi forte entre Kaboul et Téhéran depuis dix ans et l’invasion occidentale, menée par les États-Unis, qui a renversé le pouvoir des talibans à la fin 2001.
Le régime chiite en Iran, notoirement hostile aux fondamentalistes sunnites talibans lorsqu’ils étaient au pouvoir, a eu des relations plus apaisées avec M. Karzaï qui leur a succédé. Mais Téhéran a également été accusé ces dernières années de soutenir des éléments de la rébellion afghane pour déstabiliser le gouvernement de Kaboul, allié à ses ennemis américains. Le nouvel ambassadeur iranien en Afghanistan, Abolfazl Zohrehvand, entré en fonctions fin avril, a été décrit par un responsable gouvernemental afghan comme « très arrogant » et « très peu diplomatique ».
En outre, les services secrets afghans ont récemment arrêté un journaliste de l’agence de presse iranienne, coupable selon eux d’espionnage. « Nous avons de lourdes preuves montrant qu’il envoyait des documents gouvernementaux afghans confidentiels à l’ambassade d’Iran », a observé cette source.
(Source : AFP)

