Ancienne et nouvelle générations de la gauche française se positionnaient hier pour prendre les postes-clés du nouveau pouvoir. Pendant sa campagne, François Hollande est resté très discret sur la composition du futur exécutif, ne voulant pas donner l’impression que les socialistes se répartissaient les postes avant d’avoir gagné l’élection. Il va d’abord choisir son Premier ministre avec qui il composera ensuite un gouvernement qui devra tenir compte notamment de la parité hommes-femmes promise, des tendances internes du Parti socialiste et de l’intégration de partis alliés dans la perspective des législatives des 10 et 17 juin. La gauche n’ayant plus été au pouvoir depuis le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), le futur gouvernement devrait comporter de nombreuses têtes nouvelles, quitte à faire des déçus parmi les anciens.
Pour le poste de Premier ministre, un fidèle de M. Hollande, Jean-Marc Ayrault, tenait fortement la corde, même s’il n’a aucune expérience gouvernementale. Ce germanophile, professeur d’allemand, pourrait aussi faciliter les négociations avec Angela Merkel sur la relance de l’Europe. La victoire finalement assez étroite de M. Hollande plaide aussi pour un profil plutôt modéré, ce qui défavorise Martine Aubry, la patronne du PS, souvent citée avant l’élection. La maire de Lille n’a en outre jamais entretenu de bonnes relations avec M. Hollande. Un outsider pour le poste est Manuel Valls, qui a joué un rôle-clé dans la campagne électorale, même s’il est cité plus souvent comme ministre de l’Intérieur. Hier soir, M. Hollande a déclaré qu’il nommerait son Premier ministre le 15 mai, jour de la passation des pouvoirs avec Nicolas Sarkozy.
Pour le reste du gouvernement, M. Hollande a prévu quinze grands pôles ministériels, plus des ministres délégués. L’un de ses proches, Michel Sapin, parfois cité comme Premier ministre, pourrait se retrouver aux Finances, poste qu’il a déjà occupé, ou à la Justice. Certains postes semblent déjà attribués, comme celui de la Défense pour Jean-Yves Le Drian ou l’Éducation pour l’eurodéputé Vincent Peillon. Arnaud Montebourg pourrait s’occuper de la « réindustrialisation » du pays, priorité du nouveau président.
Côté femmes, on parle de Marisol Touraine aux Affaires sociales et d’une nouvelle génération mise en avant pendant la campagne par M. Hollande : les porte-parole Delphine Batho, Najat Vallaud-Belkacem ou la députée Aurélie Filippetti. L’ancienne compagne du président élu, Ségolène Royal, ne devrait pas intégrer le gouvernement, mais vise la présidence de l’Assemblée nationale.

