« Le ministère des Affaires étrangères juge destructrices les tentatives de politiser les événements sportifs », a déclaré la diplomatie ukrainienne dans un communiqué.
« Les appels à boycotter le championnat (...) saperont l’image de cet événement sportif grandiose et causeront un préjudice à des milliers d’Ukrainiens ordinaires qui ne s’intéressent pas à la politique », a poursuivi le ministère.
Emprisonnée depuis août 2011 puis condamnée en octobre à sept ans de prison, Mme Timochenko, une ancienne Premier ministre, a entamé le 20 avril une grève de la faim pour protester contre des violences qu’elle affirme avoir subies en prison.
Indignés du sort de l’opposante, qui souffre de problèmes à la colonne vertébrale, les responsables de plusieurs pays européens appellent au boycottage politique de l’Euro 2012.
Ainsi, la Délégation de l’UE à Kiev a annoncé hier qu’aucun membre de la Commission européenne ne se rendrait en Ukraine à l’occasion de l’Euro, prévu du 8 juin au 1er juillet en Ukraine et en Pologne.
« L’UE est prête à coopérer avec les autorités ukrainiennes, mais l’UE réclame qu’elles respectent les valeurs démocratiques et la suprématie de la loi », souligne-t-elle, dénonçant « la situation intenable concernant Ioulia Timochenko »
La chancelière allemande Angela Merkel, dont la sélection nationale jouera au moins trois matches en Ukraine pendant l’Euro, a affirmé qu’elle décidera au dernier moment si elle se rendra dans ce pays à cette occasion.
Le président russe élu Vladimir Poutine a en revanche apporté son soutien à l’Ukraine, critiquant le boycott politique de la compétition.
« Je considère qu’il ne faut en aucun cas mélanger la politique, le business et d’autres questions du genre avec le sport, il faut laisser le sport tranquille », a-t-il déclaré.
Par contre, M. Poutine s’est dit prêt à accueillir l’opposante Timochenko pour la soigner en Russie, faisant écho à une proposition similaire de l’Allemagne à laquelle l’Ukraine avait répondu en soulignant que sa législation nationale ne permettait pas de soigner des détenus à l’étranger.
L’affaire Timochenko empoisonne les relations de l’Ukraine avec l’Union européenne depuis de longs mois, et aucune issue ne semble se dessiner, l’opposante étant désormais jugée pour une nouvelle affaire de détournement de fonds et fraudes fiscales.
Ce procès est suspendu jusqu’à la fin mai en raison de l’état de santé de l’accusée.
Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a indiqué dans un entretien hier que les pays de l’UE ne voulaient pas ratifier l’accord d’association avec l’Ukraine en raison de l’affaire Timochenko.
Signe de leur mécontentement, plusieurs présidents européens ont aussi annoncé avoir décidé de ne pas se rendre à un sommet de l’Europe centrale prévu les 11 et 12 mai à Yalta, dans le sud de l’Ukraine,.
Mme Timochenko affirme être innocente et accuse le président Ianoukovitch de chercher à éliminer sa principale adversaire.

