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Moyen Orient et Monde - Chine

Les États-Unis en discussion avec Chen Guangcheng sur son avenir

Le dissident craint pour sa sécurité et celle de sa famille ; le président Hu Jintao met en garde.

Des militants manifestent en soutien au dissident chinois Chen Guangcheng à Hong Kong le 4 mai 2012. REUTERS/Bobby Yip

Les États-Unis ont reconnu hier que le militant chinois des droits civiques Chen Guangcheng voulait quitter la Chine, où il craint pour sa sécurité et celle de sa famille, et sont en discussion avec lui sur son avenir, a indiqué un responsable du département d’État.


Le sort de l’avocat autodidacte aveugle, l’un des dissidents chinois les plus célèbres et respectés, a plombé le « dialogue stratégique et économique » sino-américain qui s’est ouvert en présence de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton en matinée. Chen Guangcheng, pourfendeur des stérilisations forcées en Chine et des expropriations abusives, avait quitté mercredi l’ambassade des États-Unis où il s’était réfugié pendant six jours après que la Chine eut donné des « garanties » sur sa sécurité s’il restait dans son pays. Mais hier il a annoncé s’être ravisé, apparemment après avoir retrouvé sa famille à sa sortie de l’ambassade. « Je ne me sens pas en sécurité, je veux quitter la Chine. Je veux que les États-Unis nous aident, moi et ma famille. Ils m’ont aidé avant », a déclaré M. Chen, interviewé par téléphone à l’hôpital de Pékin où il a été admis pour une blessure au pied, après sa sortie de la mission américaine. Il s’était blessé en sautant d’un mur lorsqu’il s’est échappé le 22 avril de sa maison pourtant très surveillée du Shandong où il était de facto assigné à résidence depuis septembre 2010.


L’avocat et sa famille « ont changé d’avis sur la question de leur maintien en Chine », a déclaré la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, ajoutant : « Nous devons avoir d’autres consultations avec eux pour mieux comprendre ce qu’ils veulent et voir ensemble les possibilités. » « Nous ferons tout notre possible pour l’aider », avait dit plus tôt un responsable américain sous le couvert de l’anonymat, alors que les États-Unis n’ont toujours pas fourni les excuses exigées par Pékin pour avoir accueilli le dissident. De son côté, Chen Guangcheng a déclaré au site Internet américain Daily Beast que son « plus grand espoir » serait qu’il soit possible que sa famille et lui-même partent « pour les États-Unis à bord de l’avion d’Hillary Clinton ». L’ambassadeur américain Gary Locke a pour sa part assuré que M. Chen n’a « jamais été poussé » à quitter la mission diplomatique des États-Unis alors que l’accord passé opportunément entre Pékin et Washington à la veille de leur dialogue de haut niveau soulevait de nombreuses questions. Mitt Romney, qui brigue l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine du 6 novembre, a jugé de son côté « honteuse » l’attitude du gouvernement de Barack Obama dans cette affaire.


Des organisations de droits de l’homme ont demandé à connaître les détails, non divulgués, de la négociation entre les deux pays sur le sort de M. Chen, dont on ignorait également comment il avait pu pénétrer dans l’enceinte hyperprotégée de la mission américaine. « Il était content à l’idée de partir (de l’ambassade), il en avait envie », a assuré M. Locke à des journalistes. M. Chen avait indiqué à ses amis ne pas souhaiter s’exiler aux États-Unis, expliquant préférer mener son combat pour les libertés en Chine même. Et il a quitté l’ambassade sous le coup de menaces de représailles contre sa famille, qui aurait été renvoyée dans sa province du Shandong s’il était resté dans la mission, selon Washington.


Hier, le porte-parole de la diplomatie chinoise Liu Weimin a redit que M. Chen avait quitté l’ambassade « de son plein gré ». Dans une interview à CNN dans la nuit de mercredi à jeudi, le militant a expliqué qu’après son évasion, sa femme avait été attachée à une chaise pendant deux jours par la police du Shandong et menacée d’être battue à mort.
Dès l’ouverture des deux jours de discussions du « dialogue », Hillary Clinton a déclaré, sans mentionner le nom de Chen Guangcheng, que tous les gouvernements devaient « répondre aux aspirations de leurs citoyens à la dignité et à l’État de droit ». La veille, elle avait déclaré que Washington s’assurerait du respect des garanties promises par Pékin sur la sécurité de M. Chen.


Le président chinois Hu Jintao a rétorqué en appelant les deux premières puissances économiques mondiales à coopérer, avertissant que toute détérioration de leurs relations poserait des risques « graves » pour la planète.
Il n’y a « aucune chance » que le gouvernement chinois autorise Chen Guangcheng à quitter la Chine, car cela créerait un dangereux précédent pour Pékin, a néanmoins estimé le « père » de la dissidence chinoise, Wei Jingsheng, depuis son exil aux États-Unis.

Les États-Unis ont reconnu hier que le militant chinois des droits civiques Chen Guangcheng voulait quitter la Chine, où il craint pour sa sécurité et celle de sa famille, et sont en discussion avec lui sur son avenir, a indiqué un responsable du département d’État.
Le sort de l’avocat autodidacte aveugle, l’un des dissidents chinois les plus célèbres et respectés, a plombé le « dialogue stratégique et économique » sino-américain qui s’est ouvert en présence de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton en matinée. Chen Guangcheng, pourfendeur des stérilisations forcées en Chine et des expropriations abusives, avait quitté mercredi l’ambassade des États-Unis où il s’était réfugié pendant six jours après que la Chine eut donné des « garanties » sur sa sécurité s’il restait dans...
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