Dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a exigé « des excuses » de l’administration américaine pour avoir hébergé l’opposant, qui avait échappé quelques jours plus tôt à la surveillance de ses gardiens dans un village de l’est de la Chine. « La gestion de cette affaire par les États-Unis a constitué une ingérence dans les affaires intérieures chinoises. Pour la Chine, ceci est totalement inacceptable », a précisé le ministère, ajoutant : « La Chine exige (...) une enquête approfondie, des sanctions contre les responsables et la garantie que ce genre d’affaires ne se reproduira pas. »
Un haut responsable américain a expliqué que les autorités de son pays avaient autorisé Chen Guangcheng à se réfugier dans leur ambassade pour des motifs humanitaires. « C’était une affaire extraordinaire dans des circonstances exceptionnelles et nous ne prévoyons pas qu’un tel cas se reproduise à l’avenir », a-t-il dit, précisant que le dissident n’avait à aucun moment demandé l’asile aux États-Unis et qu’il souhaitait au contraire rester en Chine. Ce même responsable a refusé de dire si l’administration américaine présenterait des excuses aux autorités chinoises, mais a indiqué que les deux pays étaient engagés dans un « processus intense mais en mode collaboratif » sur cette affaire.
L’incident risque néanmoins d’éclipser les thèmes habituels des discussions annuelles que Mme Clinton doit avoir avec les responsables chinois. « Je suis heureuse que nous ayons pu faciliter le séjour et le départ de Chen Guangcheng de l’ambassade américaine dans le respect de ses choix et de nos valeurs », a-t-elle dit. « Chen est parvenu à un certain nombre d’accords avec le gouvernement chinois sur son avenir, y compris sur la possibilité de poursuivre des études supérieures dans un environnement sûr. Faire de ces engagements une réalité est la prochaine étape cruciale. Le gouvernement et le peuple américains s’engagent à rester en contact avec M. Chen et sa famille, dans les jours, les semaines et les années qui viennent », a-t-elle ajouté. Dans un communiqué diffusé par courriel, le département d’État a par la suite cherché à réfuter des informations selon lesquelles M. Chen aurait quitté l’ambassade américaine en raison de menaces brandies par les autorités chinoises à l’encontre de ses proches.
Selon un des amis de Chen Guangcheng associé aux négociations pour son départ de l’ambassade, Jerome Cohen (un expert du Council on Foreign Relations), l’opposant aurait obtenu que le président américain Barack Obama se prononce publiquement en faveur de l’arrangement passé avec la Chine.
(Source : agences)


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