Le CNT, qui n’a cessé de critiquer la lenteur des réformes engagées par le gouvernement, évite ainsi de justesse une crise politique qui aurait aggravé une situation déjà compliquée par plusieurs mois de conflit et par le lourd héritage laissé par le régime de Kadhafi : un État dépouillé de ses institutions où pullulent les armes. Un limogeage du gouvernement aurait en outre créé un vide sécuritaire et affecté les préparatifs des élections d’une constituante prévues dans deux mois. M. Abdeljalil s’exprimait à l’issue d’une réunion du CNT pour décider du sort du gouvernement, après des accusations mutuelles la semaine dernière et que les membres du CNT ont menacé de retirer leur confiance du cabinet de Abdel Rahim el-Kib.
M. Abdeljalil a indiqué toutefois que le gouvernement devrait « au cours de cette période délicate concentrer ses efforts sur certains points », dont la décentralisation du pouvoir, le retour de la sécurité,l’autorité de l’État, la collecte des armes et la sécurisation des frontières. Le gouvernement de Abdel Rahim el-Kib aura aussi à récompenser les Thowars (ex-rebelles) et les blessés du conflit libyen « tout en préservant l’argent public », à revoir les représentations diplomatiques à l’étranger, protéger les investissements extérieurs libyens, à réactiver la justice et juger les dirigeants de l’ancien régime.
Clairement vexé, le Premier ministre libyen s’en était pris mercredi au CNT, l’accusant d’« attaquer » son gouvernement au risque de compromettre la tenue en juin des élections d’une Assemblée constituante. Le CNT n’a pas tardé à répondre, déplorant notamment « la faiblesse du rendement du gouvernement » ainsi qu’un « manque de courage dans la prise de décision », provoquant un retard dans les dossiers de sécurité, de l’intégration des ex-rebelles dans la société et le traitement des blessés.
Parallèlement, le corps de l’ancien ministre libyen du Pétrole et proche de Mouammar Kadhafi, Choukri Ghanem, mort hier à Vienne où il s’était exilé, a été retrouvé dans le Danube, a annoncé la police. Aucun signe de violence n’a été relevé sur le corps, a indiqué un porte-parole de la police viennoise, Roman Hahslinger, précisant qu’une autopsie allait être réalisée pour déterminer les causes du décès.
(Source : AFP)

