S'exprimant jeudi soir à l'occasion du 64e anniversaire de la création d'Israël, M. Barak a reconnu que les sanctions pesant sur la République islamique n'avaient jamais été aussi sévères.
"Mais la vérité doit être dite. Les chances que, à ce niveau de pression, l'Iran réponde favorablement aux exigences internationales pour arrêter son programme (nucléaire) semblent minces", a expliqué M. Barak, cité par son bureau.
Il y a deux jours, le même Ehud Barak, interrogé à la radio sur l'effet des sanctions internationales, avait estimé que "si les Américains, les Européens et nous-mêmes sommes déterminés, il y a une chance d'arrêter les Iraniens avant qu'ils ne se dotent de l'arme atomique". Il avait assuré que l'Iran n'avait "pas encore décidé de produire de bombe atomique".
Les dirigeants israéliens multiplient ostensiblement les déclarations apparemment contradictoires sur l'Iran --agitant périodiquement la menace d'une opération militaire-- afin d'entretenir l'ambiguïté sur leurs véritables intentions et faire pression sur la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis.
M. Barak a souligné jeudi qu'un Iran doté de l'arme atomique déclencherait "une course aux armes nucléaires dans la région, à laquelle l'Arabie saoudite, la Turquie et même la nouvelle Egypte devront participer" et exprimé la crainte que cette technologie ne tombe également aux mains de "groupes terroristes".
Cette semaine, le chef d'état-major israélien, le général Benny Gantz, a cherché à calmer le jeu.
Il a confié au quotidien de gauche Haaretz ne pas croire que le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, "voudra franchir le pas supplémentaire" nécessaire pour la production d'armes nucléaires.
Le général Gantz --qui s'est récemment rendu aux Etats-Unis-- a qualifié de "gens très rationnels" les dirigeants de Téhéran et jugé que les sanctions internationales commençaient "à porter leurs fruits".
En réaction, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a déclaré jeudi "espérer" que le général Gantz "avait raison", ajoutant: "Je n'ai aucune information particulière qui indique si (les dirigeants iraniens) ont pris une décision dans un sens ou dans l'autre".
En revanche, le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu accuse régulièrement "les gens qui refusent de voir la menace iranienne" de n'avoir "rien appris de la Shoah".
Une grande partie de la communauté internationale, Israël en tête, craint que la République islamique, sous couvert de programme nucléaire civil, ne cherche à développer l'arme atomique, ce que dément formellement Téhéran.
De son côté, Israël, qui n'a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), est présumé détenir un important arsenal nucléaire mais maintient le flou à ce sujet et n'a jamais confirmé ou démenti cette information.


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