Nous pouvons lire : « Que ton âme soit damnée » sur cette pancarte tenue par des enfants manifestant à Kfaranbel, près d’Idleb. Raad al-Fares/S.N.N/Handout/Reuters
Au vu des violations quotidiennes de la trêve, censée être entrée en vigueur le 12 avril, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a jugé « fortement compromis » le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan. La France veut un déploiement du reste des observateurs de l’ONU « sous quinzaine et pas dans trois mois », a-t-il ainsi affirmé, alors que le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a indiqué que 100 des 300 observateurs prévus par la résolution 2043 du Conseil de sécurité se trouveront en Syrie dans un mois, dont 30 d’ici à la fin de la semaine. Cette annonce a d’ailleurs été fortement critiquée par les militants de l’opposition qui ont accusé hier l’ONU de « jouer avec les vies syriennes » en raison du calendrier, jugé trop lent, du déploiement des observateurs.
Le 5 mai, date du prochain rapport de Kofi Annan, représentera « un moment de vérité », a également estimé M. Juppé.
Vers un recours au chapitre VII ?
« Si ça ne fonctionne pas, on ne peut pas se laisser défier par le régime. Il faudra passer à une autre étape sous chapitre VII des Nations unies pour franchir un nouveau pas pour l’arrêt de cette tragédie », a-t-il ajouté. Le chapitre VII de la Charte des Nations unies traite des conditions de l’action du Conseil de sécurité « en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’actes d’agression ». M. Juppé a en outre jugé « inacceptable » que Damas refuse certains observateurs, après l’annonce par les États-Unis que le régime syrien ne voulait pas d’observateurs originaires des pays du groupe des Amis de la Syrie.
Ces déclarations interviennent après que le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan eut plaidé mardi soir pour un déploiement « rapide » des 300 observateurs internationaux chargés de surveiller le cessez-le-feu en Syrie, où se trouve déjà une première équipe de Casques bleus. « Nous avons besoin d’avoir des yeux et des oreilles sur le terrain, capables de se mouvoir librement et rapidement », a-t-il souligné.
Parallèlement, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a exprimé, toujours mardi soir, son indignation au sujet de la possible répression par Damas de citoyens ayant coopéré avec les observateurs onusiens, estimant que cela pourrait saper le plan de paix. Une organisation syrienne de défense des droits de l’homme avait en effet déclaré que neuf militants ont été sommairement exécutés dans la ville de Hama, le jour suivant leur rencontre avec les observateurs.
Par ailleurs, le général norvégien Robert Mood sera nommé demain à la tête de la Mission de supervision de l’ONU en Syrie (Misnus), ont indiqué hier des diplomates, qui ne s’attendent à aucune objection de la part des 15 pays membres du Conseil qui devraient entériner cette décision vendredi.
En attendant, la Ligue arabe a convoqué pour aujourd’hui une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères pour examiner notamment le dossier syrien.
Sur le terrain, les violences ont fait hier une cinquantaine de tués au moins. À Hama seulement, au moins 12 civils ont été tués et des dizaines de blessés hier dans le bombardement par les forces régulières d’un quartier de la ville rebelle, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’ONG a précisé que le pilonnage avait visé le quartier de Masaa el-Tayaran, en dépit de la présence en ville de deux Bérets bleus. Une vidéo publiée par des militants sur YouTube après le bombardement montre ce qui semble être des maisons réduites en gravats et des habitants cherchant à mains nues d’éventuels survivants. Un large cratère est aussi visible.
Dans la province d’Idleb, quatre civils ont péri lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu à un point de contrôle sur les passagers d’un bus, tandis que dans la province de Deir ez-Zor, un enfant de dix ans a été tué par des tirs des forces du régime à el-Mriiya, a indiqué l’OSDH. Une trentaine d’autres civils ont été tués dans d’autres villes du pays, dont Douma, en banlieue de Damas, où des observateurs se sont rendus hier. Et selon l’agence officielle SANA, les autorités ont fait échouer hier une infiltration de « terroristes » dans le village de Khirbet el-Joz, dans la région d’Idleb, depuis la Turquie voisine.
Enfin, l’Union des journalistes syriens s’est inquiétée hier de l’état de santé du reporter et défenseur des droits de l’homme Mazen Darwish, détenu depuis le 16 février. M. Darwish, qui dirige le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, est retenu à l’isolement par les services de renseignements de l’armée de l’air, a indiqué l’organisation dans un communiqué, condamnant « vivement sa détention arbitraire et sa disparition forcée », de même que l’emprisonnement de quatre de ses collègues.
(Sources : agences et rédaction)


Il n'est pas compromis. Il est déjà FOUTU ! L'article VII mijote dans la marmite Proche Orientale !
07 h 57, le 26 avril 2012