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Moyen Orient et Monde - Conflit

Nouveaux bombardements au Soudan du Sud et surenchère rhétorique

Salva Kiir et son homologue chinois Hu Jintao trinquant à Pékin hier. Kazuhiro Ibuki/Pool/AFP

Le président sud-soudanais Salva Kiir, en visite à Pékin, a accusé hier le Soudan d’avoir « déclaré la guerre » au Soudan du Sud, visé par de nouveaux bombardements nocturnes de l’aviation soudanaise à proximité de sa frontière. Reçu par son homologue Hu Jintao, Salva Kiir a estimé que sa visite intervenait « à un moment critique pour la République du Soudan du Sud ». Principal allié d’un Soudan isolé diplomatiquement depuis les années 90 et son premier partenaire économique, Pékin a aidé Khartoum à devenir un important exportateur de pétrole. Mais la Chine s’approvisionne aussi en or noir auprès du Sud qui, en proclamant son indépendance en juillet 2011, a récupéré les trois quarts des réserves pétrolières du Soudan d’avant la partition.
Khartoum, de son côté, a accusé Juba de vouloir « ébranler sa stabilité » en continuant à soutenir les rebelles sur son territoire, au lendemain du refus annoncé du président soudanais Omar el-Béchir de revenir à la table des négociations avec son voisin du Sud.
Les États-Unis ont pour leur part « condamné fermement l’incursion militaire soudanaise au Soudan du Sud » et estimé que « le Soudan devait immédiatement cesser les bombardements aériens et les tirs d’artillerie au Soudan du Sud », par la voix du porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. Washington a appelé les deux Soudans à un cessez-le-feu immédiat et à reprendre leurs négociations pour la paix.
Dans la nuit de lundi à mardi, les avions soudanais ont pris pour cibles les localités sud-soudanaises de Panakwach et Lalop, dans l’État d’Unité, ainsi que le poste-frontière de Teshwin, une zone contestée, théâtre d’intenses combats entre les deux armées ces derniers jours, a affirmé hier le gouverneur d’Unité, Taban Deng, à Bentiu, capitale de cet État frontalier. Les bombardements, qui ont fait plusieurs blessés civils et militaires, ont continué jusqu’aux « première heures » mardi, a-t-il ajouté, précisant que les frappes les plus profondes avaient été recensées à environ 25 km de la ligne de front, à la frontière non démarquée entre les deux Soudans. Khartoum dément systématiquement toute frappe aérienne en territoire sud-soudanais, dont certaines ont pourtant été confirmées par l’ONU et des journalistes. La ligne de front semblait calme hier, mais les deux Soudans ont apparemment renforcé leurs effectifs, déployés dans des tranchées le long de leur frontière contestée, où d’intenses combats les ont opposés depuis fin mars dans la zone pétrolière de Heglig, à une soixantaine de kilomètres au nord de Bentiu. Dans la capitale d’Unité, bombardée lundi par l’aviation soudanaise, le chef adjoint des renseignements militaires, Mac Paul, a affirmé, sans que cela puisse être vérifié, avoir des « informations » selon lesquelles « l’armée soudanaise mobilise pour une offensive sur Bentiu ».
Les relations entre Khartoum et Juba, marquées par des tensions persistantes depuis l’indépendance du Soudan du Sud, se sont sérieusement envenimées, particulièrement après la conquête, le 10 avril par les forces sud-soudanaises, de Heglig, revendiquée par les deux pays mais jusque-là contrôlée par l’armée soudanaise.
(Source : AFP)
Le président sud-soudanais Salva Kiir, en visite à Pékin, a accusé hier le Soudan d’avoir « déclaré la guerre » au Soudan du Sud, visé par de nouveaux bombardements nocturnes de l’aviation soudanaise à proximité de sa frontière. Reçu par son homologue Hu Jintao, Salva Kiir a estimé que sa visite intervenait « à un moment critique pour la République du Soudan du Sud ». Principal allié d’un Soudan isolé diplomatiquement depuis les années 90 et son premier partenaire économique, Pékin a aidé Khartoum à devenir un important exportateur de pétrole. Mais la Chine s’approvisionne aussi en or noir auprès du Sud qui, en proclamant son indépendance en juillet 2011, a récupéré les trois quarts des réserves pétrolières du Soudan d’avant la partition.Khartoum, de son côté, a accusé Juba de vouloir...
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