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Moyen Orient et Monde - Bahreïn

Le pouvoir reste inflexible

Les opposants chiites de Bahreïn ont profité du Grand Prix de F1 pour attirer l’attention sur leurs demandes de réformes politiques, mais les autorités n’ont montré aucun signe de flexibilité. La course, qui s’est tenue dimanche entourée d’importantes mesures de sécurité et marquée en marge par des manifestations parfois violentes, a été présentée par les autorités comme le signe d’un retour de la confiance au niveau international en Bahreïn.
Les opposants chiites, qui réclament depuis plus d’un an une véritable monarchie constitutionnelle où le Premier ministre serait choisi parmi les élus de la majorité, ont multiplié les manifestations avant le Grand Prix. Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, s’est certes dit déterminé à aller de l’avant dans les réformes à l’occasion du Grand Prix, mais tous les appels en faveur d’une libération de l’opposant Abdel Hadi al-Khawaja sont restés vains. La Cour de cassation devait statuer hier sur sa condamnation à perpétuité pour complot, ainsi que sur les cas de vingt autres opposants condamnés à diverses peines de prison. Elle a repoussé l’examen de l’affaire au 30 avril. Dimanche, le parquet de Manama avait affirmé que M. Khawaja, en grève de la faim depuis le 8 février, était « en bonne santé », assurant qu’il était pris en charge à l’hôpital militaire et suivi par des médecins. M. Khawaja, qui est également citoyen danois, a reçu dimanche la visite de l’ambassadeur du Danemark, selon la même source.
Pour l’analyste Salman Shaikh, directeur de l’institut Brookings de Doha, le Grand Prix a été voulu comme le signe d’une normalisation mais a accentué les divisions. « La situation peut empirer », a-t-il estimé, soulignant la nécessité de « reprendre les efforts pour une solution politique » de la crise à Bahreïn. Appuyant les dires de M. Shaikh, des affrontements ont opposé hier les forces de sécurité bahreïnies à des protestataires dans un village chiite. Ces nouvelles violences ont eu lieu après les obsèques d’un homme retrouvé mort sur le lieu d’une manifestation. Des centaines de personnes ont participé à Bilad al-Qadim, à l’est de Manama, aux funérailles de Salah Abbas, dont elles ont brandi des photos, chantant : « Par nos âmes, par notre sang, nous nous sacrifierons pour le martyr. » Dès la fin des obsèques, des protestataires ont entrepris de bloquer des routes. Les forces de sécurité sont alors intervenues, faisant usage de gaz lacrymogène et de bombes assourdissantes contre les manifestants, qui ont répliqué en lançant des pierres et des cocktails Molotov.
Des organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué la tenue du Grand Prix et la répression du mouvement de contestation en février-mars 2011. Selon une commission indépendante, la répression de la révolte avait fait 35 morts, dont quatre sous la torture. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.

(Source : AFP)
Les opposants chiites de Bahreïn ont profité du Grand Prix de F1 pour attirer l’attention sur leurs demandes de réformes politiques, mais les autorités n’ont montré aucun signe de flexibilité. La course, qui s’est tenue dimanche entourée d’importantes mesures de sécurité et marquée en marge par des manifestations parfois violentes, a été présentée par les autorités comme le signe d’un retour de la confiance au niveau international en Bahreïn.Les opposants chiites, qui réclament depuis plus d’un an une véritable monarchie constitutionnelle où le Premier ministre serait choisi parmi les élus de la majorité, ont multiplié les manifestations avant le Grand Prix. Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, s’est certes dit déterminé à aller de l’avant dans les réformes à l’occasion du Grand...
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