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Moyen Orient et Monde - Révolte

Nouvelles sanctions européennes et américaines contre la Syrie

Les violences font quelque 66 morts malgré la présence des observateurs.

Les observateurs de l’ONU se sont rendus hier, entre autres, dans les quartiers pro-Bachar de Homs.Photo SANA/Reuters

Pour accentuer la pression sur le régime syrien, l’Union européenne a voté hier un quatorzième train de sanctions. Certaines sont essentiellement symboliques, interdisant les exportations de produits de luxe vers la Syrie, une mesure qui vise essentiellement le train de vie du couple Assad, tandis que d’autres visent le matériel servant à la répression. Réunis à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères doivent encore définir le champ d’application exact de cette dernière mesure. L’UE réfléchit par ailleurs à apporter des moyens logistiques à la mission des observateurs de l’ONU en Syrie.
Il y a un mois, lors de leur dernière réunion, les ministres européens avaient déjà resserré l’étau autour du président syrien en imposant des sanctions contre sa femme, Asma. Hier, c’était le tour de la Suisse. La Confédération helvétique a imposé des sanctions à l’encontre d’Anisa, la mère du président Bachar el-Assad, et d’Asma, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.
Parallèlement, le président américain, Barack Obama, a annoncé hier avoir autorisé le principe de sanctions contre des fournisseurs de moyens technologiques destinés à faciliter les violations des droits de l’homme en Syrie et en Iran. À propos de son décret signé dimanche, M. Obama a affirmé qu’il s’agissait « d’une nouvelle mesure que nous pouvons prendre pour nous rapprocher du jour dont nous savons qu’il viendra, la fin du régime Assad qui a brutalisé les Syriens ».
Par ailleurs, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, ont réitéré depuis Alger une demande d’arrêt des violences et de règlement politique en Syrie. À Damas, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Meqdad, a répondu que le gouvernement était « totalement » engagé par le plan Annan, estimant que le dialogue était le « seul moyen » de sortir de la crise, selon l’agence SANA.
Sur le terrain, de 34 à 66 personnes ont encore péri hier dans les violences qui se poursuivent malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril, selon des sources diverses. À Hama, 28 civils ont été tués par les troupes du régime, un autre près de Damas, et cinq soldats dans les régions de Deraa et de Hama, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). C’est la première fois qu’un nombre aussi important de civils tués est recensé dans une même ville depuis l’instauration de la trêve. De son côté, l’agence SANA a recensé quatre morts, dont trois soldats, à Deraa et Hama, tués par des « terroristes ».

Les observateurs inutiles ?
Alors que l’OSDH a recensé plus de 200 morts depuis le 12 avril, le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi, a reconnu que « les conditions sont risquées » en Syrie, où pour la première fois de leur histoire des Casques bleus sont envoyés sans armes dans un pays où la trêve n’est pas respectée. Le porte-parole adjoint de l’ONU, Eduardo del Buey, a toutefois indiqué que le déploiement de l’équipe restreinte « devrait être terminé à la fin avril » et que « le déploiement rapide du reste des observateurs militaires est une priorité ». Le déploiement des 300 Casques bleus non armés, voté à l’unanimité samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU, commencera la semaine prochaine, a-t-il précisé. « Nous croyons que la présence d’observateurs de l’ONU changera la dynamique politique sur le terrain », a conclu M. Fawzi. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, a appelé Damas à « saisir cette chance d’une solution politique à la crise avant qu’il ne soit trop tard ». Son homologue français Gérard Araud a déclaré « qu’aucune entrave à l’action des observateurs, aucune menace à leur sécurité ne sera tolérée par le Conseil, qui devra examiner le cas échéant des mesures coercitives si elles s’imposent ».
En attendant, l’équipe restreinte d’observateurs s’est rendue hier dans la ville de Zabadani. Elle a également visité Douma, selon des militants. Des milliers de manifestants se sont rassemblés autour des quatre Casques bleus qui visitaient cette banlieue de la capitale, scandant des slogans réclamant la chute du régime et l’armement des rebelles de l’Armée syrienne libre, selon des vidéos de militants. D’autres observateurs étaient à al-Bab, dans la province d’Alep, au moment où les forces gouvernementales menaient perquisitions et arrestations, selon l’OSDH.
Pour Abou Omar, militant à Damas, la mission de l’ONU, qui compte pour le moment moins d’une dizaine de Casques bleus, est un échec parce que « les observateurs coordonnent leurs mouvements uniquement avec les autorités et ne travaillent pas avec le peuple sur le terrain ». Plusieurs militants ont ainsi affirmé que durant leur tournée dans la région de Damas, les Casques bleus avaient refusé de suivre les habitants qui voulaient leur montrer les lieux où ils accusent le régime de cacher ses chars. « Je ne comprends pas exactement l’objectif de cette mission », a souligné pour sa part Abou Yazan al-Homsi, militant à Homs, où deux Casques bleus sont désormais basés. « Si elle consiste à donner plus de temps au meurtrier Bachar (el-Assad), nous pouvons nous passer des observateurs », a-t-il réagi via Skype. Selon lui, le régime ne respecte aucun des points du plan Annan : « Il n’a pas retiré les chars des villes et n’a libéré aucun détenu. »
(Sources : agences et rédaction)
Pour accentuer la pression sur le régime syrien, l’Union européenne a voté hier un quatorzième train de sanctions. Certaines sont essentiellement symboliques, interdisant les exportations de produits de luxe vers la Syrie, une mesure qui vise essentiellement le train de vie du couple Assad, tandis que d’autres visent le matériel servant à la répression. Réunis à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères doivent encore définir le champ d’application exact de cette dernière mesure. L’UE réfléchit par ailleurs à apporter des moyens logistiques à la mission des observateurs de l’ONU en Syrie.Il y a un mois, lors de leur dernière réunion, les ministres européens avaient déjà resserré l’étau autour du président syrien en imposant des sanctions contre sa femme, Asma. Hier, c’était le...
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