Sihen Naidja, une Algérienne de 42 ans tenant sa fille Fatima (6 ans) par la main, fait ses courses au marché aux puces de Groenland, à Oslo. Daniel Sannum Lauten/AFP
La déposition de Breivik la semaine dernière au tribunal d’Oslo, détaillant le massacre de 77 personnes l’été dernier dans la capitale et sur l’île d’Utoeya, a marqué les Norvégiens. Mais pour les musulmans de Norvège, son récit terrifiant revêt une autre dimension : il dit avoir mené ses raids meurtriers pour chasser les musulmans du pays, qu’il veut réserver aux seuls Norvégiens de souche.
« Je crois et j’espère qu’il est seul. La majorité des Norvégiens n’est pas comme lui », dit Naidja, qui fait des courses avec sa fille au marché aux puces de Groenland, dans un des quartiers les plus densément peuplés d’immigrés, l’un de ceux décrits par Breivik comme des « ghettos » ou des « zones interdites » sauf pour les musulmans. « Nous sommes affligés de l’entendre. Les musulmans ne sont pas agressifs », insiste Mohamed Naji, 50 ans, derrière son étal encombré de matériel électronique qu’il essaye de vendre dans ce marché animé. « Breivik est seul », assure Naji qui est originaire d’Éthiopie. « La Norvège est un pays de gens très aimables. C’est curieux que cela soit arrivé ici », dit-il. « Mais maintenant je suis inquiet », déclare-t-il, au vu de toute l’idéologie islamophobe déversée par le tueur les premiers jours de son procès. « Quelqu’un peut vouloir suivre sa trace », craint-il.
Basim Gozlan, qui gère le site norvégien www.islam.no, estime que c’est une bonne chose que Breivik ait eu tout le temps d’expliquer sa vision du monde. « Je pense que c’est bon et sain que cela sorte », dit-il. Pour lui, Breivik a fabriqué une idéologie largement fondée sur des écrits critiques envers l’islam, puisés dans les médias ou sur des sites, et sur ce qu’il a entendu dire sur des musulmans violents. « Ça devrait aider les gens à comprendre que ce type de rhétorique peut être très, très dangereux. C’est un signal d’alarme et je pense que beaucoup de gens vont modérer leurs propos sur ces questions », ajoute Gozlan.
Avec ses trois enfants et un quatrième dans une poussette, Hassana Mazzouj, 36 ans, déambule dans le marché de Groenland. Elle est d’origine marocaine mais vit en Norvège depuis 1995. Elle a suivi la déposition de Breivik en direct sur Internet mais elle a cessé lorsque, vendredi, il a détaillé la tuerie d’Utoeya, massacrant 69 personnes, en majorité des adolescents. « C’est vraiment terrifiant la façon dont il parle des musulmans », dit-elle.
Saber Bessid, un comptable de 31 ans originaire de Tunisie, n’est pas d’accord avec Breivik quand il affirme avoir été obligé de lancer ses attaques parce que ses opinions sont « systématiquement censurées ». « Il n’y a pas de problème d’être contre les musulmans », dit Bessid. « Je ne serai tout simplement pas d’accord avec toi mais la liberté d’expression existe en Norvège. Et si tu veux, tu peux te promener partout dans Oslo en signalant que tu hais les musulmans. Ça c’est la démocratie et c’est bien comme ça. Mais tu ne tues pas les gens », dit-il. « Les gens qui ont été tués n’étaient pas des musulmans mais tout simplement des êtres humains, des innocents », se désole-t-il, saluant au passage la réaction des Norvégiens : « Musulmans, chrétiens, athées, tout le monde s’est uni pour dire “non ! ” à ses attaques et à tout ce qu’il (Breivik) représente. » « J’espère que Dieu lui pardonnera », lance-t-il enfin.
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Breivik, compris ! On en fait le symbole de l'islamaphobie et du racisme des Chrétiens d'Occident. On le condamne TOUS. Pourquoi, ne parle-t-on pas des milliers de Breivik d'Al Qaëda, et des deux faces de la même MONNAIE, qui ne prêchent que la haine contre les Chrétiens ? Ah ! j'oublie, ils n'ont rien à faire avec l'Islam... ils sont les sbires... des SIO/YANKY/QATARI/BANSAOUD ( chrétiens ces derniers aussi ). Le refrain de l'illogisme !
03 h 11, le 24 avril 2012