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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Française

Hollande et Sarkozy jettent leurs forces dans la campagne

Les deux favoris tentaient encore hier de séduire les indécis et les abstentionnistes.

Nicolas Sarkozy présidait hier son dernier meeting à Nice. Philippe Wojazer/Reuters

Les favoris de la présidentielle en France, le socialiste François Hollande en tête et le président sortant Nicolas Sarkozy, ont jeté hier leurs forces dans les dernières heures d’une campagne dominée par la crise et qui n’a pas passionné.
Pour les instituts de sondage, tout semble déjà joué pour, sauf surprise, voir les deux favoris s’affronter en duel au second tour. Ainsi, au premier tour, François Hollande est donné en tête par quatre enquêtes (jusqu’à 30 % des suffrages selon BVA) publiées depuis jeudi soir, à égalité avec Nicolas Sarkozy, selon une cinquième. Le 6 mai, pour le tour décisif, le socialiste serait le grand gagnant avec plus de 10 points d’avance (avec 57 % des voix selon CSA et BVA). « François Hollande devant Nicolas Sarkozy : avec les marges d’erreur, avec de la porosité, de l’incertitude, c’est la tendance que nous relevons depuis plusieurs jours », a commenté Brice Teinturier d’Ipsos. Le socialiste « reste relativement stable » tandis que pour le président sortant, « ça s’érode ».
Les deux hommes ont occupé le terrain jusqu’à la dernière minute avec le même objectif : convaincre abstentionnistes et indécis – chacun représenterait un quart des électeurs – de se mobiliser et de « voter utile » dès dimanche. François Hollande, 57 ans, qui, un an après avoir entamé en outsider son long chemin vers l’Élysée, sent la victoire à portée de main, est resté prudent. « Ne croyez pas qu’il y ait là une élection qui soit jouée », a-t-il lancé sur la radio Europe 1. Socialiste réformiste, consensuel pour ses amis, mou pour ses ennemis, M. Hollande a tracé son sillon en vendant aux électeurs l’idée d’une présidence « normale », déterminé à retrouver l’équilibre budgétaire en 2017 tout en favorisant la croissance.
Pour le candidat socialiste, « l’enjeu de dimanche c’est de placer au plus haut le candidat du changement » et de « rendre la victoire irrésistible ». Un message qu’il a répété en Champagne-Ardenne, une région marquée jusqu’à présent par un fort vote à droite. Nicolas Sarkozy, 57 ans aussi, triomphalement élu en 2007 avant de devenir le président le plus impopulaire, s’est montré combatif jusqu’au bout en misant sur les « surprises » du premier tour. « Mon état d’esprit est celui d’une grande détermination », a déclaré le président sortant, qui, pour avoir une chance de l’emporter au second tour, espère arriver en tête au premier.
Le chef de l’État conservateur, qui pâtit de son image de « président des riches » n’ayant pas su habiter sa fonction, a dans la foulée fait un dernier mea culpa. « Peut-être que l’erreur que j’ai commise au début de mon mandat, c’est de ne pas comprendre la dimension symbolique du rôle du président et de ne pas mettre assez de solennité », a-t-il reconnu sur la radio RTL. Volontariste pour ses partisans, brutal pour ses détracteurs, Nicolas Sarkozy a axé sa campagne sur la sécurité et l’immigration, tout en se présentant comme celui qui avait permis, sur le plan économique, à la France d’éviter un scénario grec.
Et lors d’un meeting à Nice hier soir, M. Sarkozy a lancé un ultime appel à la mobilisation de son camp pour le premier tour de la présidentielle, pour faire triompher « le choix de la France forte ».
« Rassemblez-vous, mobilisez-vous, défendez-vous, prenez la parole, ne vous laissez pas priver de parole, imposez votre victoire », a lancé M. Sarkozy en conclusion d’un discours totalement improvisé de près d’une heure, prononcé devant des milliers de partisans. « Venez en masse dimanche porter votre bulletin parce que chaque bulletin construira notre victoire, parce que nous avons besoin de tout le monde, parce que les forces qui sont rassemblées contre nous sont si grandes que seul le peuple français pourra dire “voilà le choix que nous faisons, c’est celui de la France forte” », a-t-il poursuivi.
Pendant ce temps, les prétendants à la troisième place ont appelé les électeurs à ne pas céder à la bipolarisation. La dirigeante de l’extrême droite Marine Le Pen, 43 ans, et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, 60 ans, qui incarnent tous les deux le vote protestataire, se disputent cette place. Marine Le Pen semble la mieux placée (environ 16 % d’intentions de vote), et alors que Nicolas Sarkozy tente de lui grappiller des voix, elle a prévenu que voter pour lui, ce serait « voter pour quelqu’un qui est déjà parti ». Révélation de la campagne, Jean-Luc Mélenchon a de son côté dit hier avoir « bon espoir » de faire obtenir à la gauche de la gauche son meilleur résultat depuis des années. Quant au centriste François Bayrou, 60 ans, qui en 2007 avait été le troisième homme, il a dénoncé « les démagogues » et le « clivage droite-gauche ».
Une dernière question restait ouverte : à l’heure d’Internet, les résultats vont-ils circuler dimanche avant la clôture du scrutin à 20h00 heure locale ? Radios et télévisions se sont en tout cas engagées à les tenir secrets jusqu’à l’heure légale, selon la Commission des sondages, alors que les autorités ont menacé de poursuivre les contrevenants.
(Source : AFP)
Les favoris de la présidentielle en France, le socialiste François Hollande en tête et le président sortant Nicolas Sarkozy, ont jeté hier leurs forces dans les dernières heures d’une campagne dominée par la crise et qui n’a pas passionné.Pour les instituts de sondage, tout semble déjà joué pour, sauf surprise, voir les deux favoris s’affronter en duel au second tour. Ainsi, au premier tour, François Hollande est donné en tête par quatre enquêtes (jusqu’à 30 % des suffrages selon BVA) publiées depuis jeudi soir, à égalité avec Nicolas Sarkozy, selon une cinquième. Le 6 mai, pour le tour décisif, le socialiste serait le grand gagnant avec plus de 10 points d’avance (avec 57 % des voix selon CSA et BVA). « François Hollande devant Nicolas Sarkozy : avec les marges d’erreur, avec de la porosité, de...
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