Nasser Makhoul devant la cathédrale de Nantes.
C’est dans ce cadre que l’artiste a lancé un appel au chercheur en électromécanique, Haïtham Mezher, qui a déposé à Nantes, en France, un brevet d’invention unique portant sur le rôle de l’air et de l’écoulement dans les moteurs et les équipements industriels. Ce dernier a visité l’atelier de Makhoul au Liban où ils ont discuté ensemble sur ce même rôle de l’air, mais cette fois dans les instruments de musique comme étant une source sonore aérodynamique.
Vu l’importance d’une telle recherche qui traite de concepts avancés en acoustique, l’artiste a répondu à l’invitation des étudiants doctorants à l’Université de Nantes pour leur exposer une sélection de ses instruments de musique dans un cadre pédagogique et scientifique. L’intervention a été suivie par une étude comparative entre l’acoustique des instruments de musique et l’écoulement observé dans les tubulures des moteurs industriels, ces deux se ressemblant dans leurs compositions et contenus fréquentiels (modes de résonance et interaction fluide-structure).
Cette recherche a permis de découvrir, dans le son émis par les instruments à vent, presque tous les concepts physiques qui portent sur le spectre fréquentiel et la dynamique des gaz. Les instruments de musique offrent donc, dans leur diversité, des exemples illustrant les concepts de base de l’acoustique physique. Le son émis par les instruments de musique est le résultat des variations locales de la pression et de la vitesse qui se propagent dans l’espace en provoquant des oscillations de l’air autour de sa position initiale. Ces oscillations sont proportionnelles à l’amplitude et la fréquence du facteur qui les provoque, le doigt de l’artiste sur la corde, par exemple.
Une fois le son émis, il est capté par des éléments récepteurs, tels que l’oreille ou le microphone qui doivent alors être sensibles aux changements instantanés de la pression d’air et qui se mettent en vibration à la même fréquence de résonance que le son musical. Dans le cas d’un microphone, ce dernier génère un courant électrique de même fréquence qui alimente par la suite un haut-parleur.
Ces études dans le domaine de la science de l’air ont permis à Nasser Makhoul d’élargir sa base de données en effectuant des expériences comparatives entre la plus petite flûte de sa collection et les tuyaux d’orgue de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes.
Enfin, il est intéressant de noter que le son émis par les instruments à vent est la conséquence d’un facteur naturel qui est la collision de l’air dans les bronches cassées, évoluant au fil du temps comme une mélodie de flûte et de hautbois.


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