Mgr Élias Audi : « Le Liban a besoin d’un éveil moral, culturel, social et politique. » Photo Ibrahim Tawil
« Quand nos ambitions ne se limiteront-elles plus à la sécurité, aux moyens de subsistance, à la liberté de penser et de vivre dignement? » s’est demandé Mgr Audi, faisant remarquer que nous avons atteint ce stade au Liban parce qu’« au fil des ans, nous n’avons pas œuvré pour construire un État ».
« Le Liban a besoin d’un éveil moral, culturel, social et politique », a encore insisté le métropolite, constatant que « nous continuons à souffrir de la guerre et des divisions ». « Les gens courent après l’argent et le pouvoir », a-t-il poursuivi, notant que « la haine engendre plus de haine et la violence engendre encore plus de violence ». Et de souligner que le pays « continuera de saigner si nous laissons dans nos cœurs une place pour la haine et l’égoïsme ».
Évoquant la question controversée du livre d’histoire, Mgr Audi a indiqué qu’il est « du droit des générations montantes d’avoir un livre d’histoire qui reflète la vérité avec ses défauts et ses gloires, sans censure ni maquillage, et loin du marchandage qui dénature toutes nos réalités ». Il a ainsi invité le gouvernement à dialoguer avec les jeunes qui manifestent pour faire entendre leur point de vue concernant le livre d’histoire, au lieu de « les faire taire » et de « les battre ».
Mgr Audi s’est enfin demandé quelles peuvent être les raisons qui poussent, « au XXIe siècle », à rejeter une loi qui interdise que la femme soit victime de persécution, de violence, de domination, d’esclavagisme et d’injustice. « Dans le christianisme, la femme est l’égale de l’homme et son partenaire, a-t-il affirmé. Elle est à l’image de la mère de Dieu, honorée et respectée (...). La femme mérite tout respect et toute estimation. Elle doit conserver sa dignité et ses vertus pour s’imposer, obtenir ses droits et se protéger de l’exploitation. »
Et le métropolite de Beyrouth de conclure en appelant le gouvernement à protéger les enfants de « l’exploitation », de « la violence » et « du trafic ».

