La formule 1 est un monde impitoyable où le temps presse. Bien plus que nulle part ailleurs. Les baquets n’attendent pas que leurs pensionnaires mûrissent. Nico Rosberg, lui, aura eu le temps. Et du côté de Shanghai, personne ne regrette de le lui avoir laissé. Le pilote allemand, fils de l’ancien champion du monde Keke Rosberg, a glané son premier succès ce week-end après avoir décroché sa toute première pole la veille. À 26 ans et après 111 départs. Plus c’est long, plus c’est bon. Carlos Barria/Reuters
Avec un flegme à toute épreuve et deux petits arrêts aux stands, contre trois pour la plupart de ses rivaux. Nico Rosberg a devancé les deux McLaren de Jenson Button et de Lewis Hamilton, qui ont chaudement bataillé en fin de course pour s’assurer de monter sur le podium aux côtés du pilote Mercedes. Button aurait pu espérer mieux, mais il a été victime d’un arrêt au stand un peu longuet. Hamilton, encore troisième, en profite pour prendre les commandes du championnat du monde aux dépens de Fernando Alonso (Ferrari, 9e).
Pour les Flèches d’argent, le triomphe aurait pu être total si Michael Schumacher n’avait pas été forcé de jeter l’éponge au bout de 13 tours. Son passage aux stands lui a été fatal. Une roue mal serrée et un abandon quelques hectomètres plus loin. Cette péripétie ne l’a pas empêché de sourire lorsqu’il a vu Rosberg franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. Même constat pour Norbert Haug et l’ensemble de l’écurie, qui attendait cette 10e victoire en Grand Prix depuis... 1955.
Grosjean ouvre son compteur
Du côté de Red Bull, le rictus est bien moins marqué, même si Mark Webber et Sebastien Vettel ont fait de leur mieux et se classent finalement 4e et 5e. Un moindre mal, notamment pour le double champion du monde en titre. Sorti en Q2 samedi, l’Allemand s’est battu comme un beau diable à Shanghaï.
Deuxième à quelques boucles du terme, il a finalement cédé du terrain, trahi par ses pneumatiques. Même constat pour Kimi Raïkkönen (Lotus), qui a perdu douze places en l’espace de quelques tours. Un temps dauphin de Rosberg, le Finlandais a glissé jusqu’à la 14e place. Bien loin de Romain Grosjean qui, cette fois, n’a pas mis la charrue avant les bœufs. En retrait dans les qualifs, le Français (6e) a ouvert son compteur points au terme d’une course bien plus sage qu’à Melbourne et Sepang.

