Les forces de sécurité ont ouvert le feu dans le quartier d'Izeaa sur la foule des participants aux funérailles d'un jeune homme tué la veille dans la ville d'Alep, selon l'OSDH. Il s'agit de l'incident le plus grave depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu jeudi matin.
De son côté, la télévision d'Etat a accusé les rebelles, que le régime qualifie de "terroristes", d'être à l'origine des violences dans la ville.
"Des groupes terroristes tirent sans discernement dans le quartier d'Izeaa", où se déroulaient les funérailles, a rapporté la chaîne, les accusant de chercher à "saboter le plan (de l'émissaire international Kofi) Annan".
"De quel respect du cessez-le-feu parlent-ils? Le régime continue de tuer le peuple!", s'est insurgé Mohammad al-Halabi, un militant dans la ville.
"Nous ne sommes pas encore rassurés, nous ne le serons que lorsque les gens pourront manifester et s'exprimer sans tomber sous les balles des forces de sécurité", a réagi Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.
Le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril à 06H00 avait déjà été fragilisé les deux premiers jours par la mort de 18 personnes au total, dont quatre manifestants, même si ce bilan reste en nette rupture avec les mois précédents, au cours desquels les morts se comptaient chaque jour par dizaines.
Samedi, des obus de mortier tirés dans la matinée sur les quartiers de Jourat al-Chayah et al-Qarabis à Homs (centre), la "capitale de la révolution", ont tué un civil, selon l'OSDH.
Ces derniers mois, Homs avait été violemment bombardée, en particulier le quartier symbole de Baba Amr, repris le 1er mars par l'armée après un mois de pilonnage dévastateur. L'armée contrôle désormais 70% de cette ville, la troisième du pays, où seuls résistent encore certains quartiers du vieux Homs.
Dans la journée de samedi, un civil a aussi été tué à Dmeir, à 40 km de Damas, quand les forces gouvernementales ont tiré sur sa voiture, et deux membres des forces de sécurité sont morts dans l'attaque de leur voiture dans la province de Deraa (sud), selon l'OSDH.
Dans cette même province, les manifestations ont repris samedi pour appeler au départ du président Bachar al-Assad. "On ne reculera pas, on ne ce cèdera pas avant la chute du régime", ont ainsi scandé des manifestants à Inkhel.
"Nous ne sommes pas des cobayes, nous sommes un peuple massacré", lisait-on sur une pancarte à Nahteh, en référence aux tentatives de la communauté internationale de faire appliquer le plan Annan.
"Il y a quelques violations, mais il n'y a pas de combats (entre armée et rebelles) et le bilan des morts a drastiquement chuté. C'est globalement positif", avait affirmé à l'AFP dans la matinée Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.
Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU doivent se prononcer samedi à New York sur un projet de résolution autorisant le déploiement d'observateurs pour surveiller le cessez-le-feu.


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