« Pour autant que je sache, votre collègue Cheïn a commencé sa grève de la faim, mais il ne s’est toujours pas pourvu en justice. Franchement, c’est plutôt bizarre », a ainsi déclaré M. Poutine. « Nous espérions, Vladimir Vladimirovitch, que vous auriez une réponse. Malheureusement, vous n’en avez pas », a déclaré le chef de Russie juste, Sergueï Mironov, dont le parti jusqu’à présent docile s’est joint à la contestation de ces derniers mois. M. Poutine a botté en touche, indiquant que le pouvoir exécutif n’avait pas la prérogative de faire annuler un scrutin et soulignant que « toute minorité doit respecter la majorité ».
L’incident constitue un sérieux affront à l’homme fort de la Russie, par ailleurs confronté après les législatives de décembre à un mouvement de contestation inédit depuis son arrivée à la tête du pouvoir en 2000. Remportées par Russie unie, ces législatives ont été marquées selon des observateurs indépendants par des fraudes massives, poussant des dizaines de milliers de Russes à descendre dans la rue.
Dans son discours introductif à la Douma, M. Poutine a donc concédé que le pays avait traversé « une période de tensions ». Mais répondant à une question sur la possibilité de limiter désormais strictement à deux le nombre des mandats présidentiels qu’il serait possible d’exercer, et non plus à deux mandats consécutifs, il a souligné que cela ne le concernait pas, évoquant la possibilité d’un quatrième mandat présidentiel qui le maintiendrait au pouvoir jusqu’en 2024. « J’ai la possibilité de travailler maintenant, et le mandat suivant, si la situation le permet, si je le veux », a-t-il déclaré.
Et présentant son bilan économique, il a souligné que la Russie était en revanche devenue « plus forte » sous sa direction. « Nous ne devons pas avoir honte de nos résultats », a-t-il dit, estimant que l’économie russe avait surmonté les conséquences de la crise de 2008-2009, tout comme les remous financiers de 2011 en Europe. Il a été vivement interpellé par le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov, qui a estimé que la Russie « ne pouvait survivre avec cette politique ». « Nous occupons la première place pour le recul de la population, les suicides d’enfants et de vieillards, la drogue, la corruption sauvage, les catastrophes aériennes et les accidents », a lancé M. Ziouganov. Mais M. Poutine a de son côté assuré que la Russie ferait partie « dans les deux-trois prochaines années (...) des cinq principales économies du monde ». Il a également promis de faire de la lutte contre le déclin démographique une priorité et appelé à un « retour aux valeurs de base » pour y parvenir. Il a aussi défendu le soutien qu’offre la Russie à l’OTAN pour ses opérations en Afghanistan, soulignant que, dans le cas contraire, ce serait aux soldats russes d’y combattre.
(Source : AFP)


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