Profitant du putsch, les Touareg et les islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, presque sans rencontrer de résistance de la part d’une armée malienne sous-équipée et désorganisée. Selon des diplomates, les membres du Conseil « s’inquiètent de la présence dans la région du groupe terroriste el-Qaëda au Maghreb islamique » (AQMI), ce qui pourrait selon eux « déstabiliser encore davantage la situation ». Ils « condamnent fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoires auxquels se livrent des groupes rebelles dans le nord du Mali et exigent une cessation immédiate des hostilités ».
L’Union européenne a de son côté appelé à un « cessez-le-feu immédiat » dans le nord du Mali.
Par ailleurs, le Conseil « soutient les efforts de la Cédéao », la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui a décrété un embargo contre les putschistes et les menaces d’une intervention militaire. À Bamako, la situation politique paraissait toutefois bloquée. Un front antijunte a rejeté une proposition de convention nationale proposée par les militaires pour le lendemain en vue d’une sortie de crise.
Sur le terrain, les populations du Nord souffrent le plus de la chute de la moitié du pays aux mains de la rébellion et des islamistes. « Les populations du Nord-Mali, singulièrement celles de Gao, subissent de graves violations des droits de l’homme » depuis « l’invasion des combattants MNLA (rébellion touarègue), Ansar Dine (groupe islamiste) et AQMI », a déclaré la junte dans un communiqué, ajoutant que « les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi ». Plusieurs témoignages sont venus corroborer ces accusations.
Quelque 90 000 personnes déplacées qui se trouvaient à Gao, Tombouctou et Kidal sont aujourd’hui « sans assistance », s’est par ailleurs inquiété un porte-parole de Caritas à Rome. « Les édifices publics, les bureaux privés, les banques, les sièges d’ONG, les banques alimentaires, tout a été saccagé » par les assaillants, affirme depuis Gao un employé d’organisation humanitaire. « Il n’y a plus d’hôpital, plus de dispensaire, plus de centre de santé communautaire, poursuit-il. Ils ont enlevé même les lits, même les portes de l’hôpital. »
(Source : AFP)

