Selon l’opposition, Hassan Mustafa Shbeib a été tué par les forces de sécurité dans le village de Farkia, à Idleb. Photo YouTube/AFP
M. Annan, qui s’adressait depuis Genève au Conseil de sécurité réuni à huis clos à New York, a indiqué qu’il espérait avoir « très vite » des réponses précises de Damas sur d’autres demandes formulées dans son plan, dont l’aide humanitaire à la population, la libre circulation des journalistes et le dialogue politique entre pouvoir et opposition, selon des diplomates.
De son côté, a expliqué Mme Rice, l’adjoint de Kofi Annan, Nasser al-Qidwa, s’efforce de convaincre l’opposition armée de s’engager à « mettre fin à ses opérations dans les 48 heures suivant une cessation complète des hostilités de la part du gouvernement ». Elle a qualifié ces discussions de « constructives », mais n’a pas fait état d’un accord de l’opposition. Pour sa part, le régime syrien n’a mis « aucune condition préalable » à son accord, a-t-elle indiqué.
Mme Rice a toutefois souligné que les États-Unis étaient, « par expérience », « sceptiques » sur la volonté du régime syrien de tenir ses promesses, ajoutant que Washington craignait « une escalade des violences » dans les prochains jours. M. Annan a lui-même constaté que jusqu’à présent il n’y avait eu « aucun progrès » pour parvenir à un cessez-le-feu, selon les diplomates. L’émissaire international a demandé au Conseil de sécurité d’envisager le déploiement d’une mission d’observateurs pour surveiller la cessation des hostilités. Les 15 pays membres ont exprimé leur « soutien total » au médiateur et se sont déclarés « prêts » à le faire.
Damas et Moscou
Alors que le groupe des Amis du peuple syrien, réuni dimanche à Istanbul, a appelé à fixer « une date limite » pour l’application du plan Annan et défendu le droit à l’autodéfense du peuple syrien, les médias officiels ont qualifié cette conférence de « nouvel échec ». M. Assad, seul chef d’État contesté à s’être maintenu au pouvoir dans la foulée du printemps arabe, se targue en effet de l’appui de son armée, d’une partie de la population, et surtout de la Russie pour conforter sa position face aux pressions occidentales et arabes.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est encore dit hier opposé à toute pression sur Damas concernant le plan Annan, estimant que « les ultimatums et les délais artificiels sont rarement utiles ».
À l’issue de la conférence, qui ne s’est pas prononcée pour l’envoi d’armes aux rebelles, réclamé par le Conseil national syrien (CNS) et défendu par l’Arabie saoudite et le Qatar, des responsables de l’Armée syrienne libre (ASL, formée de militaires dissidents) ont exprimé leur frustration. « La communauté internationale, en tardant à exercer des pressions sur le régime et en empêchant l’armement des rebelles, assume l’entière responsabilité des massacres », a souligné le colonel Kassem Saadeddine, officier rebelle qui a estimé que le régime ne tomberait que par les armes.
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a néanmoins promis de soutenir l’opposition en termes de moyens de communication, et de verser 12 millions de dollars supplémentaires pour l’aide humanitaire, portant à 25 millions le total de l’aide américaine. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté mis en garde contre la fourniture d’armes aux rebelles, qui serait susceptible d’entraîner « une dangereuse prolifération dans la région ».
10 000 morts
La Syrie est secouée depuis plus d’un an par un mouvement de contestation qui s’est militarisé au fil des mois. Les violences ont fait plus de 10 000 morts, dont plus de 7 300 civils, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Hier, le pouvoir a poursuivi sa guerre sans merci contre les rebelles à coups de bombardements, tandis que soldats et rebelles continuaient à s’affronter, au prix d’au moins 47 morts, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya. À Alep, deuxième ville du pays, une bombe a explosé devant un kiosque à journaux, tuant son propriétaire, un partisan du régime, a rapporté l’OSDH. Au moins deux personnes sont mortes et huit autres ont été blessés dans le bombardement de villages de la province d’Idleb. Dix civils ont en outre été tués lundi dans la province centrale de Homs.
Parallèlement, Jakob Kellenberger, président du Comité international de la Croix-Rouge, s’est rendu hier à Damas pour y discuter avec les autorités syriennes de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu humanitaire et d’un renforcement de son aide, a annoncé le CICR dans un communiqué. Au cours de ses deux jours sur place, Jakob Kellenberger va demander à ce que le CICR puisse rendre visite à tous les prisonniers. Le président du CICR va aussi se rendre dans les zones de combats.
Enfin, une association d’aide au peuple syrien a porté plainte à Paris pour « crimes de guerre, torture, viols » contre un officier syrien des services secrets à la retraite qui, selon elle, serait actuellement en France.
(Sources : agences et rédaction)


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03 h 09, le 03 avril 2012