Le député Jean Oghassabian, membre du bloc du Futur, a révélé hier qu’il y avait un accord de principe entre les forces du 14 Mars pour déposer une motion de censure à l’encontre du ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, tout en indiquant que la décision formelle n’a pas encore été prise.
M. Oghassabian a critiqué le principe même d’un accord sur base d’un compromis politique sur une question touchant à l’électricité. « Comment, alors qu’ils s’accusaient mutuellement de vol et de corruption, ils en arrivent à conclure un compromis et puis comme si de rien n’était ? » s’est-il interrogé.
De son côté, le député Boutros Harb a observé qu’ « aux yeux de ses parrains, le maintien du gouvernement actuel est en soi plus important que l’intérêt général et que l’arrêt des opérations de corruption et des projets suspects ».
« Les appels d’offres menés par Bassil sur la question de la location des bateaux sont en violation de la loi et cela le chef du gouvernement l’a lui-même dit », a relevé M. Harb qui s’est interrogé sur les sources de financement. « Le gouvernement va-t-il aggraver le déficit en ayant recours au Trésor ou bien va-t-il accepter la mise en place de l’autorité de régulation et permettre du coup au secteur privé de prendre part au financement ? Et d’autre part, va-t-il recourir aux fonds arabes et internationaux ? » s’est demandé M. Harb.
Pour lui, M. Bassil « se dérobe à la mise en place de l’autorité de régulation parce qu’il tente d’accaparer le pouvoir de décision. Il veut continuer à maintenir à l’écart tous les appareils de contrôle pour se réserver lui-même toutes les prérogatives ».
Quant au député Kataëb Élie Marouni, il s’est dit non surpris par le compromis trouvé en Conseil des ministres « parce que le pouvoir de décision n’est pas entre les mains du gouvernement ».
« La face de ce gouvernement est aussi corrompue que les aliments avariés », a ajouté M. Marouni, appelant le Premier ministre à démissionner pour former « un gouvernement d’experts ».
Pour le PNL, les derniers développements au sein du Conseil des ministres « prouvent une nouvelle fois que le gouvernement est le produit de l’axe régional représenté par le Hezbollah ».
« C’est ce dernier qui lui a donné le jour, c’est lui qui contrôle son rythme et définit ses priorités, tout à fait comme ce que faisait le régime syrien précédemment », ajoute le communiqué du PNL.
« Il va sans dire qu’aujourd’hui, ce qu’ils veulent, c’est le maintien de ce gouvernement, au service des intérêts du régime syrien et de ceux de son agent libanais. Pas d’indulgence donc avec les (ministres) indisciplinés, mais on leur laisse tout de même une petite marge de manœuvre dans certains domaines à condition qu’ils ne franchissent pas les lignes rouges », poursuit le PNL.
« C’est ce que nous observons de façon constante dans le comportement de ce gouvernement, et tout dernièrement dans la mascarade des tiraillements sur le dossier de l’électricité, finalement réglé à la façon du “ni vainqueur ni vaincu”, comme s’il s’agissait de simples divergences de points de vue », souligne encore le PNL.
« La réalité est toute différente. La moindre des choses aurait été de décider de recommencer l’appel d’offres (pour la location de stations flottantes) duquel jaillissent des relents de corruption. Au lieu de cela, on a réduit la durée (de la location) et tenté de tromper l’opinion publique en faisant croire que le prix pourra être renégocié avec les entreprises », note-t-il.
« Cette façon de faire entraînera des catastrophes pour la nation », estime le PNL qui appelle au départ du gouvernement et à la formation d’un cabinet d’experts.
Dans les rangs de la majorité, le député Ali Fayad, membre du bloc du Hezbollah, a annoncé que le gouvernement est appelé à rester en place et a souligné qu’ « aucune de ses composantes n’est prête à le sacrifier, car il n’y a pas d’alternative » à ce cabinet.
Réaliste, M. Fayad a toutefois ajouté qu’il « ne faut pas charger ce gouvernement plus qu’il ne peut supporter, soulignant qu’il a déjà réussi au moins à consolider la stabilité en dépit des tempêtes qui soufflent tout autour du pays ». « C’est un acquis que nul ne peut nier », a-t-il dit.
De son côté, le député Farid el-Khazen, membre du bloc du Changement et de la Réforme, s’est efforcé de justifier la conduite du cabinet en affirmant que ce dernier « est en train de supporter le poids de toutes les années précédentes en matière d’électricité ».
Commentant l’intention de l’opposition de déposer une motion de censure parlementaire à l’encontre du ministre Gebran Bassil, M. Khazen a dit : « Même si M. Bassil restait à la maison à ne rien faire, ils (le 14 Mars) déposeraient une motion de censure contre lui. »
Son collègue de Jezzine Ziad Assouad a estimé pour sa part qu’il n’y avait « pas à craindre pour M. Bassil au Parlement, parce qu’il a fait la preuve de sa transparence et montré qu’il possède ses dossiers de façon parfaite ».
Enfin, le ministre d’État Panos Manjian a voulu parodier l’opposition et lui retourner ses accusations en affirmant que « les relents de corruption se dégagent de l’opposition, dont le but essentiel est de provoquer la chute du gouvernement ».


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LIBAN UNI ! LAIC ! LIBRE ET DEMOCRATIQUE ! NI ORIENT ! NI OCCIDENT ! ___ Ils se sanctionnent les UNS les AUTRES depuis des décennies. Le peuple le paie en manque de lumière(e)s, toutes les lumièr(e)s !
03 h 11, le 31 mars 2012