Le pays s’est certes pacifié depuis les années noires de 2005-2007, mais les violences y demeurent quotidiennes et la nébuleuse extrémiste el-Qaëda avait promis de s’attaquer à « la réunion des tyrans arabes à Bagdad ».
Neuf jours avant le sommet, les insurgés avaient réussi une spectaculaire série d’attentats dans plusieurs villes dont Bagdad, tuant au moins 50 personnes. Plus de 100 000 soldats et policiers ont été ainsi mobilisés dans la capitale, qui s’est trouvée paralysée pendant une semaine. Une grande partie du réseau de téléphonie mobile a été bloquée sans préavis mercredi et jeudi. « Je veux remercier les Bagdadis pour ce qu’ils ont supporté, les difficultés de circulation, qui étaient nécessaires, a expliqué M. Maliki. Je m’excuse auprès d’eux et je les remercie aussi car ils ont contribué à faire de ce sommet un succès. » Le jour J, le principal incident a été la chute d’un obus de mortier à proximité du lieu de la rencontre. Il n’a pas fait de victimes et n’a pas perturbé le sommet, selon les autorités.
L’Irak était aussi très attendu sur le niveau de participation en raison des mauvaises relations qu’il a longtemps entretenues avec ses pairs arabes, des fortes tensions autour de la Syrie et du fossé croissant entre chiites et sunnites dans la région. « Certains pays arabes, surtout du Golfe, observent l’Irak avec soupçon, surtout en raison de l’influence supposée de l’Iran » sur ce pays majoritairement chiite, souligne Ihsan al-Chamari, professeur de sciences politiques à l’université de Bagdad. Sans compter que le dernier sommet à Bagdad, qui remonte à 1990, avait été présidé par un Saddam Hussein plein d’arrogance envers ses hôtes, qui envahira le Koweït à peine deux mois plus tard. Le sommet de jeudi s’est d’ailleurs déroulé dans l’un de ses palais. M. Maliki n’a pas ménagé ses efforts ces derniers mois pour renouer les liens avec ses voisins et a obtenu un vrai succès avec la visite historique à Bagdad de l’émir koweïtien cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah.
Mais deux poids lourds du Golfe, l’Arabie saoudite et le Qatar, n’y ont malgré tout dépêché que des représentants subalternes. Interrogé, le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a balayé la question, se disant « très satisfait » du niveau de participation. « Vu dans la perspective de l’après-2003, le sommet marque une amélioration historique dans les relations entre l’Irak et le monde arabe, et en particulier dans celles entre l’Irak, les pays arabes hors Golfe et le Koweït », souligne M. Visser.
Quant à la résolution finale, elle a surtout exposé au grand jour les divisions du monde arabe sur la Syrie. Le sommet s’est contenté d’appeler régime et opposition à un dialogue « sérieux » et de rejeter toute intervention militaire. Mais pour M. Chamari, « les décisions du sommet ne sont pas aussi importantes que sa tenue. Nous devons nous souvenir que les 22 sommets (arabes) précédents n’ont rien donné de concret non plus ».
(Source : AFP)

