Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a été reçu à Téhéran par le vice-président Mohammad Reza Rahimi. Atta Kenare/AFP
« Lors d’une rencontre en Corée, il y a eu des discussions avec eux (les 5+1) pour que les négociations aient lieu en Turquie et à ce propos il y a eu des avancées. Nous attendons maintenant leur réponse », a déclaré le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d’une conférence de presse à Téhéran où il a entamé hier une visite officielle de deux jours. « L’Iran est favorable au choix de la Turquie pour accueillir les négociations avec le groupe 5+1 », a de son côté déclaré Mohammad Reza Rahimi, le vice-président iranien, après une rencontre avec M. Erdogan.
Le Premier ministre turc, venu à la tête d’une importante délégation ministérielle, a évoqué à Téhéran les relations bilatérales mais aussi le dossier nucléaire iranien. Interrogé à propos des menaces israéliennes d’attaque militaire contre l’Iran, M. Erdogan a fermement rejeté de telles menaces.
« Aucun pays n’a le droit de menacer ou de mener une action militaire contre un pays qui cherche à maîtriser la technologie nucléaire pacifique », a-t-il déclaré. Au Qatar, le Premier ministre, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, a déclaré que son pays, qui accueille le Commandement central des forces américaines dans le Golfe, s’opposerait à toute attaque militaire contre l’Iran. Cheikh Hamad, également ministre des Affaires étrangères, a aussi affirmé que son pays n’autoriserait pas que son territoire soit utilisé pour une attaque contre l’Iran. Et à Washington, l’influent sénateur John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères, a estimé qu’enrayer la « course folle » de l’Iran vers l’acquisition de l’arme nucléaire est l’un des défis les plus sérieux pour la diplomatie américaine.
Nouvelles sanctions US
La question de l’enrichissement d’uranium est le principal point d’achoppement dans le différend entre l’Iran et les pays occidentaux. Téhéran a considérablement développé ces dernières années son programme d’enrichissement d’uranium. À ce dessein, il a installé près de 10 000 centrifugeuses dans son site de Natanz et celui de Fordo, enfoui sous une montagne à 150 km au sud-ouest de Téhéran, ce qui le rend difficile à attaquer militairement. L’Iran enrichit l’uranium à 3,5 % à Natanz et 20 % à Natanz et Fordo. L’uranium enrichi à moins de 20 % est utilisé uniquement à des fins civiles, mais si l’enrichissement est poussé à plus de 90 %, il peut servir à fabriquer l’arme atomique.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que l’Iran n’avait pas d’armes atomiques et n’avait pas l’intention d’en fabriquer, malgré les soupçons d’Israël et de certains pays occidentaux. La Turquie, qui joue les intermédiaires, a renforcé ses relations économiques et commerciales avec l’Iran ces dernières années et s’oppose aux nouvelles sanctions américaines et européennes contre Téhéran. Les États-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions pétrolières, mais Ankara fait valoir que le problème nucléaire de l’Iran doit être résolu par des moyens diplomatiques et non par des sanctions. Toutefois, les États-Unis ont annoncé hier avoir inscrit quatre nouvelles sociétés sur leur liste noire des personnes physiques ou morales faisant l’objet de sanctions pour leur soutien présumé au programme nucléaire iranien.
(Source : AFP)


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