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Liban - La Situation

Les navires producteurs de courant, nouveau sujet de polémique Mikati-Bassil

Après une trêve qui n’aura duré que quelques semaines, le bras de fer entre le Premier ministre, Nagib Mikati, et les aounistes reprend de plus belle. L’enjeu médiatisé en apparence est le dossier des navires producteurs de courant que le Premier ministre hésite à approuver pour des raisons de « vice procédural », une hésitation que le ministre de l’Énergie Gebran Bassil interprète comme étant une obstruction volontaire à un projet qu’il a parrainé de bout en bout.
Dans les coulisses, les accusations mutuelles vont bon train : les milieux aounistes crient au scandale en reprochant à Nagib Mikati de vouloir confier la mission de la production provisoire d’électricité à des sociétés appartenant à un membre de sa famille. Ce dernier rétorque, explicitement cette fois-ci, que c’est la procédure suivie par M. Bassil qui est contestée, ainsi que les prix proposés par les deux sociétés retenues au final par le ministre.
Toujours est-il que la tension est encore montée d’un cran à l’occasion de la conférence de presse tenue hier par M. Bassil, ce dernier ayant lancé des messages tacites en direction du Premier ministre et d’autres plus explicites dans lesquels il fait assumer au gouvernement la responsabilité de tout retard pris à ce niveau, laissant entendre que le noir pourrait bientôt envelopper le pays par manque de courant.
Des menaces qui ne semblent pas inquiéter au plus haut point le Premier ministre, désormais rodé à la polémique avec les aounistes, puisque, selon des sources proches du locataire du Sérail, M. Mikati se prépare à contre-attaquer en Conseil des ministres auquel il soumettra très prochainement un rapport complet sur l’affaire en y apportant les solutions de substitution.
Les sources du Premier ministre affirment d’ailleurs que les milieux de M. Mikati sont tout à fait conscients des rumeurs de clientélisme et de népotisme qui circulent à son propos et assurent qu’il n’en est rien puisqu’il aurait même refusé que les sociétés proches de lui prennent part à l’appel d’offres. Le chef de l’exécutif n’a qu’un seul et unique souci, insistent les sources : celui du coût proposé par le ministre Bassil – 450 millions de dollars pour une période de 5 ans, auxquels il faut ajouter un milliard de dollars en fuel. Autre critique adressée par M. Mikati à l’équipe chargée de ce dossier au sein du ministère de l’Énergie, la procédure utilisée pour faire l’appel d’offres et qui comporte un vice de forme majeur, le coût ayant été négocié avant le cahier des charges et le modus operandi des navires producteurs de courant.
Du côté du ministre de l’Énergie, on s’étonne de cette politique de tergiversation du Premier ministre qui ne peut que receler autre chose, dit-on, en l’occurrence des intérêts personnels, sinon une volonté de sabotage du travail achevé par M. Bassil. Pourquoi avoir attendu que la procédure parvienne à son stade final pour réagir ? Pourquoi ce retournement de situation alors que les conditions de l’appel d’offres ont déjà été exposées en Conseil des ministres, se demande Gebran Bassil, sans aller toutefois jusqu’à apporter des réponses explicites, se gardant encore d’annoncer le divorce à ce stade de la crise. Cela n’a toutefois pas empêché le député du CPL Ziad Assouad de brandir le spectre de la démission du bloc aouniste du gouvernement « si la situation reste telle quelle », en dénonçant « la stérilité » du gouvernement.
Selon les milieux aounistes, M. Mikati aurait contesté, lors de la réunion de la commission ad hoc qu’il préside, le coût élevé offert par les deux sociétés retenues (une société américaine et une société turque), avant de présenter des « lettres informelles » sur lesquelles figurent notamment les prix « étrangement réduits » d’une société appartenant à un membre de sa famille. Selon ces mêmes sources, il y avait clairement une intention de la part de M. Mikati de saboter le processus entamé par M. Bassil en cherchant à faire profiter ses proches. Une tentative qui était accompagnée d’une remise en cause implicite de la probité du ministre, estiment ces milieux.
L’affaire des navires et la crainte de voir cette polémique traîner jusqu’à épuisement du courant viennent ainsi alourdir un climat politique et social déjà chargé par le feuilleton des produits avariés, les frontières libano-syriennes de plus en plus explosives et l’afflux continu des réfugiés.
En matière de santé publique, la série noire des produits avariés se poursuit. Après la viande, les poissons, les médicaments, l’eau potable est venue s’ajouter à la liste des produits de consommation dont il faut désormais se méfier. Hier, c’est le ministre en charge de ce département qui a créé la surprise, en annonçant que près de 85 % des sociétés d’embouteillage d’eau minérale opèrent sans autorisation, leur donnant un délai d’un mois pour régulariser leur situation. À en croire que le scandale des produits périmés a créé une émulation parmi les ministres responsables qui s’évertuent, l’un après l’autre, à s’offusquer d’une situation qu’ils auraient dû au moins prévenir, sinon empêcher.
Sur le plan sécuritaire, l’inquiétude règne simultanément sur plusieurs fronts. Alors que l’armée syrienne continue de donner des coups de boutoir au niveau de Wadi Khaled devenue la cible de tirs nourris et aveugles, les réfugiés syriens continuent à déferler en nombre, notamment du côté de la Békaa, sans pouvoir compter sur aucune structure d’accueil.
Plus au sud, les regards sont tournés vers Aïn el-Héloué qui vit actuellement une épreuve de force entre les factions palestiniennes modérées et radicales, un climat qui a entraîné la mobilisation de l’armée, toujours à la recherche du cerveau du réseau salafiste découvert en son sein.
Encore et toujours l’interminable dossier des nominations qui a fini par provoquer le courroux du troisième pouvoir. Les ordres des avocats de Beyrouth et de Tripoli viennent de tirer la sonnette d’alarme en appelant à une grève générale lundi prochain pour protester contre l’atermoiement de la classe politique qui n’arrive toujours pas à s’entendre sur le nom du candidat à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature.
Après une trêve qui n’aura duré que quelques semaines, le bras de fer entre le Premier ministre, Nagib Mikati, et les aounistes reprend de plus belle. L’enjeu médiatisé en apparence est le dossier des navires producteurs de courant que le Premier ministre hésite à approuver pour des raisons de « vice procédural », une hésitation que le ministre de l’Énergie Gebran Bassil interprète comme étant une obstruction volontaire à un projet qu’il a parrainé de bout en bout.Dans les coulisses, les accusations mutuelles vont bon train : les milieux aounistes crient au scandale en reprochant à Nagib Mikati de vouloir confier la mission de la production provisoire d’électricité à des sociétés appartenant à un membre de sa famille. Ce dernier rétorque, explicitement cette fois-ci, que c’est la procédure suivie...
commentaires (3)

Il n'y aura point de "BARGES" ou de "navires" producteurs de courant car les coûts sont énormes en comparaison d'autres issues qui sont plus rapides, à beaucoup moindre coût, et qui résolvent catégoriquement le problème du courant, cet été même. Il faut de la "DECISION" qui manque énormément, car le "matélas" est tiré des deux côtés, à qui veut se couvrir le mieux. Voilà !

SAKR LEBNAN

07 h 39, le 23 mars 2012

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Commentaires (3)

  • Il n'y aura point de "BARGES" ou de "navires" producteurs de courant car les coûts sont énormes en comparaison d'autres issues qui sont plus rapides, à beaucoup moindre coût, et qui résolvent catégoriquement le problème du courant, cet été même. Il faut de la "DECISION" qui manque énormément, car le "matélas" est tiré des deux côtés, à qui veut se couvrir le mieux. Voilà !

    SAKR LEBNAN

    07 h 39, le 23 mars 2012

  • de mémoire de république libanaise, Jamais les chrétiens n'auront été si mal représentés que par l'actuel brochette de ministres ! incapable de quoi que ce soit, rien réaliser, rien changer et rien réformer. RIEN ! tous les thèmes ronflant que Aoun nous a servis ont été pousses sous le tapis ! il avait commencé par faire de l'affaire des faux témoins une questions vitale (a ce propos, ils sont ou ?), pour ensuite annoncer la révolution "électricité" et on a aujourd'hui GG (gentil gendre pour les amis) qui nous annonce benoîtement qu'on aura droit qu'a des flash en été ! puis le tribunal et son financement que Mikati et Sleiman lui ont fait passer comme une lettre a la poste puis les salaires ou il a dit a la télé (!) qu'il intentera lui-même un procès a Nahas s'il signait le décret en l’état (on connait la suite) son ministre des télécoms s'est fait engueuler par l’armée que les Aounistes adulent... que des échecs, des échecs et encore des échecs. Bravo a Siniora qui malgré tout et depuis les bancs de l'opposition a réussi a obtenir 100 millions pour le Akkar, dommage qu'il ne soit pas mon député au Metn au lieu de la brochette actuelle.

    Lebinlon

    05 h 41, le 23 mars 2012

  • - - L'article ne mentionne pas la position du ministre des finances monsieur Mohamed Safadi qui s'est prononcé contre le projet du PM Mikati et en faveur du projet du ministre de l'énergie ! Si " le milliardaire homme d'affaires " et PM peut nous expliquer quelle est cette forme qui est sans vice avec laquelle il a accordé en 5 minutes suite à une simple demande verbale au parlement il y a 24 heures une rallonge de 100 millions de dollars à son ami , allié , prédécesseur et député de Saïda , pour le Akkar pour satisfaire une demande partisane ! Les deux poids deux mesures ça suffit , la marginalisation des Chrétiens est flagrante et plus particulièrement , du CPL , de son chef et tous ses ministres . Il est temps de tester ses alliés , sinon , il faudra quitter immédiatement ce gouvernement et aller tenir les conseils de ministres à Bkérké , viendra qui voudra , les Chrétiens verront qui s'abstiendra !!! La situation est très grave , il faut le dire elle n'est plus supportable , c'est mon avis personnel , je suis dégoûté .

    JABBOUR André

    01 h 29, le 23 mars 2012

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