Dialogue entre deux guitares virtuoses. Photo Farès Jammal
Ils se ressemblent d’ailleurs comme une goutte d’eau et sa jumelle. Cheveux plus poivre que sel, ondulants, collier de barbe idem, pantalon et chemise noire accentuant le côté double. Avec une symbiose parfaite, ces Brésiliens aux ancêtres libanais (d’où le patronyme) attaquent les premières notes d’une valse d’Ernesto Nazareth intitulée Eponina. Abismo de Rosas d’Américo Jacomino Canhoto, Manha de carnaval de Luiz Bonfa, un medley de compositions d’Anibal Augusto Sardinha et une valse de Radamés Gnattali se suivent et se ressemblent. Les deux frères offrent certes une version colorée, rythmée et passionnée de pages appartenant au patrimoine musical brésilien. Mais le spectateur se trouve à un moment donné dans une sorte d’apnée musicale empreinte de monotonie répétitive.
Après l’entracte, ils poursuivent leur expression musicale avec une spontanéité et une sincérité évidentes. Et là, les musiques se font plus passionnées, plus véhémentes et plus mélodiques par moments. Que ce soit dans Piazzolla (dont ils ont merveilleusement traduit l’ivresse mélodique et rythmique) ou Villa-Lobos (une Alma brasileira absolument troublante).
Mais c’est leurs incroyables capacités techniques qui vont marquer les esprits. Un jeu frais par deux musiciens qui considèrent la musique comme une religion. «Une fois qu’on y entre, il faut la pratiquer avec une croyance inébranlable», aiment-ils à répéter.
«Dans un duo, le leader c’est la musique, affirmait encore Sergio Assad. On doit respecter la musique, la suivre. C’est aussi simple que ça. Si je fais la partie la plus importante, c’est moi le leader à ce moment-là. Au moment où j’arrête, je passe le relais. Parfois il y a des endroits où cela s’équilibre.»
En finale, c’est une Tahiya li Oussoulina, un «hommage à nos racines» libanaises et orientales, que Sergio et Odair Assad offrent aux Libanais. Savoureuse finale...

