Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, s’est dit hier déterminé à poursuivre les réformes politiques tout en préservant la souveraineté du pays, lors d’un discours à Manama. « Nous renouvelons notre détermination à poursuivre les réformes et à satisfaire les aspirations du peuple (...) sans exclusive et sans faire valoir les intérêts d’une communauté sur une autre », a déclaré le souverain. Il s’exprimait lors d’une cérémonie durant laquelle lui a été remis un rapport sur la mise en œuvre des recommandations d’une commission d’enquête indépendante sur la répression l’an dernier du mouvement de contestation. « La porte du dialogue reste toujours ouverte », a-t-il ajouté, sans évoquer explicitement une déclaration de l’opposition en faveur d’un dialogue sérieux.
Lundi, l’opposition, dont le puissant parti chiite Wefaq, s’était dit prête à un dialogue devant conduire à une véritable monarchie constitutionnelle. Elle avait aussi demandé l’application des recommandations, soumises au roi en novembre, de la commission d’enquête indépendante qui avait conclu à un usage excessif de la force contre les manifestants.
Le roi a en outre salué « les efforts du gouvernement et son sérieux à appliquer au mieux les recommandations » de cette commission, et a exhorté l’exécutif à réaliser « un changement réel et concret dans la vie » de la population. Il a cependant invité « tous » les Bahreïnis, dont « les associations politiques (opposition) et les organisations de la société civile, à jouer le rôle qui leur revient (...) dans la promotion de la pratique démocratique dans le cadre de la loi ». « La sécurité et la stabilité sont à la base du développement, du progrès et des réformes », a-t-il encore dit, avertissant que l’instabilité « influe sur la souveraineté du pays et ouvre la voie aux ingérences étrangères ». Il faisait ainsi allusion à la tension qui reste vive à Bahreïn un an après la répression de la contestation réclamant une monarchie constitutionnelle.
Dans son rapport publié hier, le comité national a fait état de progrès dans la réintégration des employés licenciés et des étudiants suspendus durant la contestation. Des progrès ont aussi été réalisés dans le cadre de la réforme de la police – avec un nouveau code de conduite et une inspection des centres de détention par la Croix-Rouge –, du système judiciaire et éducatif, a-t-il affirmé.
L’ONU déplore la répression
Toutefois, le Haut-Commissariat aux Droits de l’homme de l’ONU a stigmatisé Bahreïn pour son « usage disproportionné » de la force afin de réprimer la contestation. « Nous avons reçu des rapports inquiétants (...). En particulier, l’utilisation excessive de gaz lacrymogène aurait abouti à un certain nombre de décès de manifestants et de passants, et ce nombre aurait augmenté ces derniers mois », a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville. « Au cours de l’année écoulée, plus de trente personnes » sont ainsi décédées, selon M. Colville, citant des chiffres donnés par des ONG mais que le Haut-Commissariat n’a pu vérifier.
M. Colville a appelé le gouvernement de Bahreïn à enquêter, soulignant par ailleurs que les autorités ont récemment publié un nouveau code de conduite en matière de droits de l’homme pour les policiers. « Nous saluons ce nouveau code et espérons que sa mise en œuvre sera prudemment surveillée », a indiqué M. Colville.
La répression à Bahreïn, qui avait duré de la mi-février à la mi-mars 2011, s’était soldée par 35 morts : 30 civils, dont cinq décédés sous la torture, et cinq policiers.
Lundi,...


BOYCOTT DU GP DE BAHREIN. Si, certains sont contre le boycott, on voit tout de suite, pour qui ils sont..................................................
17 h 14, le 21 mars 2012