Walid Joumblatt prononçant son discours à Baakline.
Plusieurs délégations et personnalités ont pris part à la première cérémonie, qui a couronné une marche partie du palais de Moukhtara en direction du mausolée. Outre M. Joumblatt, son épouse Nora, et ses deux fils Taymour et Aslane, il y avait notamment le ministre de l’Économie et du Commerce Nicolas Nahas, représentant le Premier ministre, Nagib Mikati, les ministres Ghazi Aridi, Alaeddine Terro et Waël Bou Faour, les députés Bahia Hariri, Marwan Hamadé, Fouad Saad, Mohammad Hajjar, Élie Aoun, Akram Chehayeb, Henri Hélou et Antoine Saad, le vice-président du courant du Futur, Antoine Andraos, une délégation du Renouveau démocratique, conduite par son vice-président Misbah Ahdab, et une autre de la Gauche démocratique sous l’égide de l’ancien député Élias Atallah. L’Autorité palestinienne a elle aussi dépêché une délégation.
Après une cérémonie religieuse autour de la tombe, M. Joumblatt a déposé une rose rouge sur la sépulture puis deux autres sur celles des deux compagnons de Kamal Joumblatt morts avec lui, Fawzi Chedid et Hafez Ghosseini.
« Ce jour de la 35e commémoration, c’est celui de la sincérité avec soi-même, du retour aux racines. Vive la Syrie libre », a lancé Walid Joumblatt, mettant ainsi fin, en quelques mots, à la phase du rapprochement avec le régime syrien, entamé en 2010. Puis il s’est penché une nouvelle fois pour déposer sur la tombe le drapeau des révolutionnaires syriens, dans un geste fortement symbolique destiné à faire savoir que cette fois-ci, le divorce avec Bachar el-Assad était définitif.
M. Joumblatt devait par ailleurs recevoir à cette occasion plusieurs appels téléphoniques, en particulier du chef du courant du Futur, Saad Hariri, et de la députée FL Sethrida Geagea.
Hamadé accuse...
Plus tard dans la journée, plusieurs des personnalités présentes en matinée à Moukhtara se sont retrouvées à Baakline autour de MM. Joumblatt et Hamadé pour une autre cérémonie à la mémoire des martyrs de cette bourgade.
Prenant la parole, le chef du PSP a dit : « Quel que soit le niveau de dureté du débat politique, nous devons continuer à croire au dialogue démocratique. » Saluant « les martyrs de Baakline et de la Montagne », et « ceux de la révolution arabe syrienne », il a lancé : « Le peuple syrien restera et la vie des tyrans est courte. »
Et dans une allusion aux intempéries à l’extérieur, il a ajouté : « La commémoration des martyrs de Baakline coïncide avec celle de Kamal Joumblatt. Voilà pourquoi la nature se met en colère, mais la plaie de la Montagne, nous l’avons refermée en 2001 avec le patriarche maronite Nasrallah Sfeir. »
De son côté, M. Hamadé a dit : « Nous célébrons la mémoire de nos martyrs et d’abord de Kamal Joumblatt, qui avait refusé la grande prison (arabe) et qui est tombé sous les balles du régime syrien haineux. »
« La chute (de ce régime) est une certitude, même si elle est ajournée. Si nos martyrs pouvaient parler, ils auraient lancé avec Walid bey le cri de l’unité entre vous et de la paix civile, et celui de l’attachement à la direction (joumblattiste) », a-t-il ajouté, avant d’évoquer la question des druzes de Syrie. »
Ces derniers « font face aujourd’hui à une tentative visant à les séparer de leur environnement arabe et de dissocier notre histoire du printemps arabe. On cherche à les rattacher aux “chabbiha” du régime assadiste en voie de disparition ».


Monsieur Kamal Joumblatt était un grand Monsieur que j'ai eu l'honneur d'interviewer en 1974 au Liban sur la religion druze. Je n'oublierai pas la profondeur, ainsi que la modestie, de ce Monsieur qui, par ailleurs, fut l'ami commun de deux esprits éclairés: le Professeur Roger Godel, beau-père d'Andrée Chedid, et l'orientaliste Jean Herbert. Tous trois furent liés par leur intérêt pour les religions orientales et la méditation, facteurs de Paix... Je n'oublie pas comment il fut assassiné.
12 h 38, le 17 mars 2012