La troisième soirée du Festival du conte et du monodrame portait les couleurs libanaises dans la crypte de l’église Saint-Joseph. Khaled el-Naanaa, Sara Kassir et Ahmed Tay ont, à leur manière, tissé des histoires du passé et les ont reliées avec le présent.
Sara Kassir entourée de Ahmed Tay et Khaled el-Naanaa.
Trois différentes visions, trois caractères différents, mais un seul parcours et une seule passion : le conte. En effet, Kassir, el-Naanaa et Tay sont trois conteurs issus de la madrasa de Jihad Darwich. Ils se sont nourris de sa longue expérience, ont déjà écrit leurs propres contes et fait leurs preuves dans différents festivals. Mais ce soir-là, le rendez-vous n’était pas avec le rêve mais plutôt avec le sommeil. Oui, un conte est supposé faire rêver, évoquer des images et ouvrir les fenêtres de l’imaginaire. Or les conteurs n’étaient pas à leur «top», notamment Tay et el-Naanaa, qui ont raconté des histoires sans trop d’aspérités, issues de l’héritage oral libanais et s’articulant principalement autour d’un bestiaire. Ils semblaient s’essouffler en cours de route. Est-ce parce que le public – composé en grande partie d’amis et de parents – déstabilisait les artistes par des allers et venues impromptus? Est-ce parce que l’atmosphère, au lieu d’être conviviale, était salonnarde? Heureusement que Sara Kassir était là pour sauver ce verbe qui «coulait» et cette soirée qui allait à vau-l’eau. Charmante et coquine dans sa robe longue mauve en mousseline, brodée du fameux «Kan Ya ma Kan», cette Shéhérazade en herbe sait manier le geste et la parole. De ses bras, elle rythmait l’espace et les mots et dessinait de ses mains des images hautes en couleur. «Enfant, dit-elle, ma grand-mère, Oum Kassem, nous racontait des histoires. Ma mère a pris la relève puis à mon tour, avec l’aide de Jihad Darwiche, je me suis mise à conter. Par amour pour mon aïeule. Pour la folie du conte, de son rire, de ses larmes, de son réalisme et de son absurde.» La voix de Sara Kassir est mélodieuse. Cette voix qui est essentielle pour un conteur, car c’est elle qui retient le regard du spectateur. Or il suffit que le rythme se casse ou faiblisse pour que l’intérêt qui tenait à un fil s’échappe. Avec Sara Kassir, on a pu rêver quelques instants. Les six enfants qui avaient, au début du spectacle, réalisé leurs performances nous ont aussi laissé espérer que le conte libanais pouvait prétendre à des jours meilleurs.
Trois différentes visions, trois caractères différents, mais un seul parcours et une seule passion : le conte. En effet, Kassir, el-Naanaa et Tay sont trois conteurs issus de la madrasa de Jihad Darwich. Ils se sont nourris de sa longue expérience, ont déjà écrit leurs propres contes et fait leurs preuves dans différents festivals. Mais ce soir-là, le rendez-vous n’était pas avec le rêve mais plutôt avec le sommeil. Oui, un conte est supposé faire rêver, évoquer des images et ouvrir les fenêtres de l’imaginaire. Or les conteurs n’étaient pas à leur «top», notamment Tay et el-Naanaa, qui ont raconté des histoires sans trop d’aspérités, issues de l’héritage oral libanais et s’articulant principalement autour d’un bestiaire. Ils semblaient s’essouffler en cours de route. Est-ce parce que le public...
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