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Moyen Orient et Monde - Vie Politique

Limogeage de Bo Xilai, l’homme qui aspirait à diriger la Chine

Le chef charismatique du Parti communiste de Chongqing a été fragilisé par la « chute » de son adjoint et était mal-aimé de ses pairs.

Bo Xilai est connu pour avoir été le maître d’œuvre de la spectaculaire transformation de Chongqing, devenue sous sa direction un pôle économique majeur. Cet ancien ministre du Commerce a mené une vigoureuse campagne antimafia dans son fief et son style atypique dérangeait. Mark Ralston/AFP

Bo Xilai, le chef charismatique mais controversé du Parti communiste de la mégapole de Chongqing, a été limogé, a annoncé hier l’agence Chine nouvelle, alors qu’il aspirait à devenir membre du cénacle des plus hauts dirigeants chinois cet automne. Bo Xilai avait été fragilisé en février par la chute de son adjoint, Wang Lijun, sanctionné après sa rocambolesque visite dans un consulat américain où il aurait tenté d’obtenir l’asile politique. L’agence de presse a également officialisé hier le limogeage de M. Wang de ses fonctions de maire-adjoint de Chongqing.
La chute de M. Wang avait été perçue par les analystes comme le signe que la carrière de Bo Xilai, qui ambitionnait de devenir l’un des membres du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) – neuf actuellement –, était fortement compromise. Son limogeage au lendemain de la clôture de la session plénière annuelle du Parlement, un temps fort de la vie politique chinoise, n’en constitue pas moins une « surprise », selon un diplomate occidental à Pékin. « On pensait qu’il n’aurait aucune chance de rentrer au comité permanent, mais que d’ici là (le congrès du Parti communiste à l’automne), pour calmer le jeu, on le laisserait à son poste », a-t-il déclaré. Il y a une semaine, M. Bo avait été absent d’une session parlementaire consacrée à la réforme du code de procédure pénale, où se trouvaient les autres membres du bureau politique, dont il fait partie, en raison « d’une grippe ». Il a été remplacé par Zhang Dejiang, un vice-Premier ministre réputé conservateur. Le changement d’hommes a été décidé « après mûre réflexion » par le comité central du PCC, a précisé Chine nouvelle.
Ce limogeage emblématique intervient alors que l’équipe au pouvoir à Pékin doit être remplacée par des dirigeants plus jeunes lors du XVIIIe congrès du parti, une transition politique qui s’accompagne de luttes intenses en coulisses pour les postes-clés. « Est-ce que cela veut dire que Xi Jinping (le probable futur n° 1 chinois) va épouser les réformes de Wen Jiabao (l’actuel Premier ministre) et accélérer le processus de réformes politiques ? C’est trop tôt pour le dire », estime Jean-Pierre Cabestan, de la Hong Kong Baptist University. Mais pour le chercheur Guo Yingjie, le limogeage de M. Bo peut être le signal d’une attaque de la faction plus réformiste du PCC avec M. Wen, et dans une moindre mesure le président Hu Jintao, contre l’aile conservatrice. « Je crois que Hu Jintao et Wen Jiabao envoient un signal à Xi Jinping pour qu’il ne penche pas trop à gauche », dit M. Guo, de l’Université de technologie à Sydney.
Bo Xilai est connu pour avoir été le maître d’œuvre de la spectaculaire transformation de Chongqing, municipalité-laboratoire de 33 millions d’habitants, l’une des cinq plus grandes de Chine, devenue ainsi sous sa direction un pôle économique majeur. Cet ancien ministre du Commerce, qui a mené une vigoureuse campagne antimafia dans son fief, est aussi réputé pour avoir souhaité faire revivre à Chongqing l’idéal révolutionnaire, plus de 30 ans après la mort de Mao Zedong. Cette campagne assortie de nombreuses exécutions, lui a valu un grand nombre d’ennemis. « Sa campagne antimafia a été extrêmement féroce et s’est faite au mépris des règles juridiques, y compris en Chine », observe M. Cabestan. Cette lutte était notamment menée par Wang Lijun, que M. Bo a cherché à protéger jusqu’au bout, en le faisant transférer « du poste-clé de responsable de la sécurité publique à un poste moins important du gouvernement (de Chongqing), celui de responsable de l’Éducation et de la Culture. Il l’a conservé sous son aile, il l’a protégé et cette décision l’a condamné », selon le politologue.
Son style atypique dérangeait également. « Il est très ouvert, a beaucoup de confiance en lui et il est charismatique ; ce n’est pas comme cela que la plupart des dirigeants chinois se comportent », relève Patrick Chovanec, de l’Université Tsinghua de Pékin. « Bo Xilai a toujours mis mal à l’aise une grande partie de la direction. Ils prenaient ombrage de sa manière de faire campagne pour un siège au comité permanent », notamment en courtisant la presse, conclut M. Chovanec.

(Source : AFP)
Bo Xilai, le chef charismatique mais controversé du Parti communiste de la mégapole de Chongqing, a été limogé, a annoncé hier l’agence Chine nouvelle, alors qu’il aspirait à devenir membre du cénacle des plus hauts dirigeants chinois cet automne. Bo Xilai avait été fragilisé en février par la chute de son adjoint, Wang Lijun, sanctionné après sa rocambolesque visite dans un consulat américain où il aurait tenté d’obtenir l’asile politique. L’agence de presse a également officialisé hier le limogeage de M. Wang de ses fonctions de maire-adjoint de Chongqing.La chute de M. Wang avait été perçue par les analystes comme le signe que la carrière de Bo Xilai, qui ambitionnait de devenir l’un des membres du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) – neuf actuellement –,...
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