Tiéné buteur à Dijon (2-1) pour sa 1re titularisation avec « Carletto », Ceara qui l’avait précédé à Lyon après avoir révélé ses états d’âme, Hoarau qui se remet à marquer après des mois de disette, Gameiro, le précédent titulaire, qui donne la victoire en Bourgogne après avoir perdu sa place : ce ne peut plus être un hasard, Ancelotti est un révolutionnaire !
« Il est proche des joueurs mais sait aussi se faire respecter, explique Lilian Thuram qui l’a connu à Parme. Il dégage de l’humilité, alors qu’il a tout gagné et qu’il a l’expérience du haut niveau en tant que joueur. Il m’a beaucoup appris dans la réflexion. »
Dernièrement, le Parisien Jallet, qui apprécie qu’il ne « panique jamais », indiquait qu’il ne s’était « énervé » qu’une fois, à la mi-temps du match de Coupe de France à Dijon (1-0) et leur avait « passé un savon en italien ».
Avant son arrivée, le PSG c’était cette équipe plus souvent habituée à laisser échapper des titres qui lui tendaient les bras, à subir des renversements de score honteux.
Mais depuis janvier, l’enfant de Reggiolo semble en mesure de réécrire l’histoire parisienne.
Il a d’abord commencé par gagner ses cinq premiers matches, un acte inédit au PSG jusque-là. Après 11 matches, le technicien de 52 ans aux deux Ligues des champions (2003, 2007) compile huit victoires et trois nuls.
Autoritaire naturellement
Surtout, son équipe vient de montrer contre Montpellier, Lyon et Dijon que, même victime de coups du sort, elle refusait d’abdiquer.
Le fruit peut-être de la personnalité profonde d’Ancelotti, de son incroyable expérience façonnée comme joueur puis entraîneur au Milan AC et à Chelsea, ainsi que d’un sens tactique forgé dans le creuset italien.
Aucun de ses ex-joueurs, même ceux sur lesquels il ne comptait pas beaucoup, ne s’est aventuré à dire du mal de lui. Au contraire, quand ils parlent de lui, nombreux sont ceux qui reconnaissent avec émotion qu’il les a marqués.
« C’est un bon mec, ça se voit, valide Thierry Henry qui n’est pourtant pas sa plus grande réussite à la Juventus en 1999. Quand tu vois les joueurs qui courent vers leur coach à Chelsea ou au Milan, c’est révélateur. »
« Il est sûr de lui mais aussi très ouvert, décrypte un proche en Italie. Le fait qu’il admette ses erreurs aussi contribue à créer de bonnes relations avec son groupe. À Parme, au début de sa carrière, il a fait comprendre sans créer d’histoire à Zola qu’il ne comptait pas sur lui. Ensuite, Ancelotti a admis qu’il s’était trompé. En général, les joueurs sont prêts à se battre pour lui. »
Autoritaire naturellement sans avoir à se forcer, Ancelotti aide aussi son équipe à conserver la tête froide dans les moments chauds, là où d’autres, en s’excitant sur le banc, la feraient craquer. Cela explique d’ailleurs peut-être les fins de matches particulièrement bien négociées du PSG.
(Source : AFP)

