La Russie, alliée de longue date du régime de Bachar el-Assad, a annoncé hier qu’elle était opposée au nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, le jugeant « déséquilibré ». « Le problème principal est l’absence d’appel simultané à toutes les parties (rebelles et forces gouvernementales) afin de prendre des mesures pratiques dans le contexte d’un cessez-le-feu », a précisé le vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, cité par l’agence Interfax.
Rappelons que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, avait déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux condamnant la répression du régime Assad. Les cinq membres permanents du Conseil se sont à nouveau réunis pour discuter d’un nouveau projet de résolution américain exigeant du gouvernement syrien qu’il mette un terme à la répression sanglante de la contestation populaire. Le texte, écrit sous l’égide des Américains, « exige » que le gouvernement syrien arrête « immédiatement » toutes les violences, retire ses forces armées des villes contestataires et libère les manifestants, selon une copie que l’AFP a pu consulter. Il « appelle » ensuite l’opposition syrienne à « s’abstenir de toute violence » dans le cas où le gouvernement syrien se plierait aux premières exigences de cette résolution. Le Conseil « exige » également que « les autorités syriennes autorisent immédiatement un accès humanitaire » à toutes les villes du pays.
Hier, M. Gatilov a indiqué que la Russie avait été informée par plusieurs sources que le Conseil avait l’intention de soumettre cette résolution au vote lors d’une réunion lundi. « C’est inacceptable de donner une échéance à l’adoption du texte. Le facteur temporel n’est pas pour nous le plus important », a-t-il expliqué, soulignant que « le plus important est de trouver un texte qui soit réaliste, non ambigu, et dont le but est de régler de manière stable la situation ». Mais il a ajouté sur son compte Twitter que la Russie s’opposerait à toute résolution « contenant un quelconque prétexte pour l’utilisation de la force » contre la Syrie.
Pessimisme US
De leur côté, les États-Unis ne sont « pas très optimistes » quant à la possibilité que le Conseil se mette d’accord sur une nouvelle résolution portant sur la fourniture d’aide humanitaire, a indiqué le département d’État. Les États-Unis « ont pris part à des consultations toute la semaine à New York pour savoir s’il y avait la possibilité de rédiger une résolution moins large mais soutenant néanmoins les efforts entrepris pour fournir de l’aide humanitaire », a déclaré à la presse Victoria Nuland, porte-parole du département d’État.
En attendant, Paris et Rabat ont réitéré leur opposition à toute intervention militaire en Syrie, lors d’une conférence de presse conjointe des chefs de la diplomatie des deux pays, dans la capitale marocaine. Même son de cloche du côté des ministres européens des Affaires étrangères, qui affirment qu’une telle initiative pourrait déclencher « un incendie à grande échelle ».
Toutes ces tractations interviennent alors que l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, devait s’entretenir au Caire avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, selon le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky. M. Annan devait aussi rencontrer les chefs de la diplomatie de plusieurs pays arabes. Il a déjà rencontré le ministre des Affaires étrangères koweïtien et doit rencontrer celui du Qatar, de l’Arabie saoudite et d’Oman, a précisé M. Nesirky.
L’émissaire spécial « rencontrera ce matin le président Assad à Damas », a précisé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ajoutant que M. Annan « quitterait Damas dimanche » après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la « société civile » syrienne, et se rendrait ensuite dans des pays de la région non précisés. Il rencontrera également « des dirigeants de l’opposition (syrienne) en dehors de Syrie », a-t-il ajouté. M. Annan doit d’ailleurs visiter prochainement en Turquie des camps de réfugiés de Syriens ayant fui les violences dans leur pays et s’entretenir avec les responsables turcs, a-t-on appris de source turque.
L’émissaire chinois
Dans le même temps, Pékin, très critiqué pour son soutien au régime de Damas, a annoncé hier l’envoi en Arabie saoudite, en Égypte et en France d’un nouvel émissaire chargé d’expliquer la position chinoise sur la Syrie. Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a assuré hier que Pékin « soutenait le rôle constructif » de Kofi Annan. La France a de son côté accueilli fraîchement l’annonce de Pékin. « Nous l’écouterons et puis nous rappellerons si cela est encore nécessaire notre analyse de la situation et l’importance et l’intérêt qui s’attachent à ce que la Chine évolue sur sa position au Conseil de sécurité », a affirmé à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro.
Enfin, la Suisse a ajouté sept ministres sur la liste des personnes en Syrie faisant l’objet de restrictions de déplacement, qui compte désormais 115 noms, selon un communiqué publié vendredi à Berne.
Rappelons que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, avait déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux condamnant la répression du régime Assad. Les cinq membres permanents du Conseil se sont à nouveau réunis pour discuter d’un nouveau projet de résolution américain exigeant du...

